CINQUIESME LIEU
Marqua debonne cire.
Blanchirla cire.
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son , est jettée clans des terrines ou yazesplats , de cuivre, de terre, ou d’autrematière , pour s’y geler et affermir, maisc’est après y avoir mis de l’eau au fond,afin que la cire ne s’y attache.
La meilleure cire, au contraire du miel,est la plus légère , la plus grasse , la plusattenante et moins frangible , la mieuxodorante, et la plus liante en couleurjaune : par lesquelles addresses, est faictel’eslection de telle matière. Le mesnagerne passe plus avant au maniement de lacire ; mais il la vend après qu’il l’a ré-duicte en masse, s’en estant réservé unepartie pour l’employer à son usage, enchandelles et autres choses. Laissant auxapoticaires et ciriers, la manière de lateindre en plusieurs couleurs, et autre-ment la diversifier par leur art, selonses propriétés. Seulement monstrerai- jecomme à peu de peine , elle se blanchit,pour ainsi subtiliée, en faire de la bou-gie , des chandelles pour l’estude, lesbanquets et autres gentillesses.
La cire jaune et neufve , sera fondueavec de l’eau claire, dans un chauderon,où bouillant sera curieusement escumée :puis coulée à travers d’un linge clair ,pour la descharger d’ordure. Après re-fondue sur feu de charbon et lent, envaze de large ouverture : là on la prendrapour la réduire en lames minces commepapier, afin que la chaleur du soleil etde l’aer pénétrant aisément dedans , larende telle que désirés. Pour ce faire,l’on trempe une pallète de bois dans l’eau,et incontinent on la fourre dans la cirefondue, laquelle tirée du feu, gelant,s’attache contre la pallète en pellicules ,et d’icelle se sépare facilement (pour nes’y pouvoir affermir à cause de sa mouil-
leure) en replongeant la pallète dans l’eaufresche ; où la cire s’arreste la réduisanttoute en telles pellicules. Pour la secondefois, l’on remet la cire sur le feu, afin dela refondre et réduire en lames, la jettantdans l’eau comme dessus pouradvancer ceblanchiment : voire pour la troisiesme ;et en somme autant de fois réitère-on ceschoses , qu’on void la cire avoir acquis laperfection de blancheur, lui avenant sansaucun autre mystère. Ce que l’on 11e faictcommunément, ains se contente-on d’uncouple de fois, tant pour éviter la peine,que le deschet de la cire, laquelle se di-minue tous-jours en la refondant. Fina-lement, sortie de l’eau on l’estend sur desclaies couvertes de toile jiour l’exposer àl’aer, au soleil, à la rozée, lesquels pé-nétrans ces minces pellicules de cire, dansquelques jours l’achèvent de blanchir. Lesabeilles font du dégast en ceste cire, de quois’estant apperceu , faudra les en chassersoigneusement. Comme aussi évitera-on,que la cire ne se fonde en la grande chaleurdu soleil, en l’arrousant sur le midi avec del’eau fresche. Aucuns, en lieu de convertirla cire en lames et pellicules, pour la blan-chir, se contentent de la faire à la ma-nière que les chasseurs font leur dragée deplomb pour l’arquebuze: assavoir, en laprenant fondue avec une grande cueiller,et petit à petit la jettant dans l’eau fresche,la diviser en petits morcillons, pour en suitel’achever de blanchir comme dessus (91).
Ainsi manic-on les abeilles, ainsi en cwwo»retire-on leur labeur. Ce mesnage est d esa btnui.profitable, moyennant que par soin con-tinuel , l’on pourveoie aux nécessités deces bestioles, lesquelles ne peuvent souf-frir la négligence de leur gouverneur ,qu’avec apparent danger de leur ruine. Un
homme