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Tome II.
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DU THEATRE DAGRICULTURE.

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CHAPITRE XV.

La cueillète de la Soye, par la nour-riture des Vers qui la font.

Si le ver-à-soye eust esté cognea desanciens autheurs dagriculture , lon 11efaict double que la louange de tant richeanimal neust esté chantée par eux, ainsiquils ont faict celle des mousclies-à-miel :mais à tel défaut, il est demeuré sansnom plusieurs siècles. Virgile discourtcomme en passant, de la riche toison queproduisent les forests dEthiopie et desSeres, sans faire mention de sa qualité nidu moyen de la recueillir. Voici ses mots,

Qu ici nemora Æthiopum molli canentia land ;JTelleraque ut foliis depectant tenuia Seres.

Dont aucuns, comme Solin et Servius ,ont estimé ce estre la soye, et icelle pro-Premiercs céder directement des arbres. Tela esté le<1 premier avis de la soye donné en Italie ,qui fut du règne de lempereur OclavianAuguste j confirmé par T line plus de sep-tante ans après (car il vivoit au temps deVespasian ). Il y ad-joustoit quen lisle deCoos, croissoient des cyprès, térébintes,fresnes et cliesnes, des fueilles desquelsarbres, cheutes à terre de maturité, parlhumidité dicelle, naissoient des versproduisans la soye. Quen Assyrie le ver-à-soye, animal du genre des insectes, ap-pellé des Grecs et Latins , bombyx (94) >faict son nid avec de la terre, quil attachecontre les pierres, il lendurcit très-fort, sy conservant toute lannée. Quàla mode des araignes, il faict des toiles.Dict aussi, avec Aristote , quen lisle de

Virgile ,

Géorg. II.

nouvelles dela soyeRome .

Coos, Pamphila , fille de Latoiis, a estélinventrice de filer et tistre la soye. Parlesquels envelopés discours, accomparésa la pratique de ce temps , appert com-bien loin estaient les Anciens de la vraiedes vers-

cognoissance

O

-a-

soye,n ayanssceu d ils procèdent, ni de quoi ils sontnourris j ainsi que par leur silence ils tes-moignent, se taisans , de leur graine ,et des fueilles des meuriers pour leurnourriture. Vopiscits tesmoigne , que dutemps de lempereur Aurelian (deux censans après Vespasian et davantage ) lasoye sc vendoit au poids de lor, pour la-quelle cherté , mais principalement pourla modestie, ce prince-, ne voulut jamaisjiorter robe toute de soye, ains meslingéeavec autre matière : bien-que Héliogabale son devancier neust esté si retenu, commedict Lampridius . Semblable modestie seremarque du roi Henri second , nayantjamais voulu porter bas de soye, en-cores que de son temps lusage en fust jareceu en France . Plusieurs autres en di-vers temps , ont aussi parlé de la soye,comme Solin, Marcellin, et Servius quinomme le ver-à-soye , zir, d vient lemot latin, sericum, cest à dire, soye,selon le tesmoignage de Pausanias , ensa description de la Grèce. Martial faictaussi mention de la soye par ces vers,

Nec vciga tam tenui discursat aranea telâ,

Tam leve nec bombyx pendulus urget opus.

Et de louvrage des vers-à-soye, Properce dict,

Nec si qua Arabio lucet bombyee puella.

Ulpian , jurisconsulte antique, parle dela soye au titre de auro et argento le-gato , l. Vestis y en ceste sorte : Vcsti-mentorum sunt omnia lanea , Uneaquevcl serica bombyeina , etc.

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