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Tome II.
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CINQUIESME LIEU

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son origine. Ce st chose receue de tous, cjue les ha-

bitans du pays de Seres ont les premiersmanifesté la soye, en ayans tiré la semencede lisleTaprobane, autrement Sumatra ,située s ous léquinoclial, esloignéc deuxde quarante-six à quarante-liuict degrésde latitude. Le pays des Seres, ainsi dictdune ville de la province, est celui quonnomme aujour-dliui, Catay et Cambaluen lAsie Orientale, joignant de locci-dent à la Scytie Asiatique , et du midi àlIndie; dominé par le grand Chain deTartarie. A lalongue, ces choses vindrenten évidence i>ar deux moines, qui de Sera,ville du pays de Catay, portèrent la grainedes vers-à-soye, à Justinian , à Constan­ tinople (le règne duquel empereur, com-mencea lan de Christ cinq cens vingt-six)d la science deslever ce bestail sestesparse par toute lEurope . Ainsi la es-crit Procopius , après plusieurs autres. premi'e- De la ville de Panoruie en Sicile est sortieen œuvre en la manière d employer la soye , ou pre-VEurope, m i£ remeil t elle a paru par le moyen decertains ouvriers en cest art, emmenésprisonniers par Loger , roi de ladicte islede Sicile , au temps de lempereur C011-ei rad. Finalement, ces belles sciences ontfinalement, £ 0U( q u en cer t a ines provinces de ce royau-me , mais par traict de temps et inter-valles , non à la fois. Car comme Dieu aaccoustumé de distribuer ses bien-faicts ,petit à petit, pour tant mieux nous fairesavourer scs grâces ; ainsi la cognoissancedu nieurier nous a esté premièrementdonnée, jiuis celle de lusage dicelui,afin de faire provision de pasture, avantquestre chargé du bestail.

En quoi J e ne recercherai ici les causes et lequelles pro - temps de leur introduction en ce royaumeroyaume, plus avant , que du règne de Charles huic- J

tiesme. Au voyage que ce roi feict auroyaume de Naples , lan mil quatre censquatre-vingt-quatorze, quelques gentils-hommes de sa suite, y ayans remarqué larichesse de la soye, à leur retour chés eux,apportèrent laffection de pourveoir leursmaisons de telles commodités. Après estrefinies les guerres dItalie, envoyèrent àNaples , quérir du plant de meuriers ,quils logèrent en Provence , le peu dedistance quil y a des climats dun paysà lautre facilitant lentreprinse. Aucunsdisent que ce fust en lextrémité de tellejirovince , enclavée dans celle du Dau-phiné , premièrement les meuriersabordèrent, marquans mesme Alan, prèsdu Montellimar, qui en fut lors pourveupar le moyen de son seigneur, qui avoitaccompaigné le roi en son voyage : commeles vieux gros meuriers blancs quon y voidencores aujour-dliui, en donnent quel-que tesmoignage (p 5 ). Or soit, ou ail-leurs, cest chose asseurée quen diversendroits de la Provence, du Languedoc ,du Dauphiné , de la Principauté dO-range, et sur tout de la comté de Venes-sain et archevesché dAvignon ( pour legrand commerce quils ont avec les Ita­ liens ) les meuriers et leur service y sontà présent très-bien recogneus. aussiavec beaucoup de lustre paroist la manu-facture de la soye 5 et de jour à autre, croistlaffection de planter des meuriers, pourla commodité expérimentée qui en re-vient. En somme, cest le revenudu meurier est tenu pour le plus clair de-nier tumbant dans la bource. A Tours ce La soyenégoce est ja receu, avec utilité et aplau- Z°b-dissement; et desnuis quelques années a rar

' 111 ce royaume ,

commencé à se manifester à Caen , en la p' u de lieu *

, / exceptés .

basse Normandie ; encores incogneu au