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CINQUIESME LIEU
ter de plus fort : dont ils gaignent temps,pour l’année d’après 3 telle hastivecouppe,leur causant grand advancement de bran-clieage. Et quoi-qu’il semble que la sai-son chaude soit contraire à telle oeuvre, siest-ce que l’expérience preuve journelle-ment, le naturel des meuriers, voire deplusieurs autres arbres , souffrir d’estretaillés en esté. Pour laquelle commodité,joincte l’espargne de ce mesnage , résol-vés-vous de ne faire cueillir d’autre façonla fueille des meuriers que délibérés étes-ter les premiers, les gardant pour lesjours pluvieux, comme a esté dict, ou,le temps demeurant beau , pour la fin dela nourriture. La mesme raison a lieu ,pour les arbres que ne voulés qu’esmun-der , lors leur couppant les branches su-perflues , que verrés avoir besoin defueille, le temps estant pluvieux ou non,ainsi qu’on faict à l’étester. Chose quetreuverés venir à propos , pour le granddégast de fueille que les magniaux fonten ce temps-là , estant alors leur plusgrande mangerie : attendu qu’avec mo-déré labeur et beaucoup de facilité, parce moyen , abondance de viande leur estfournie. Le gaigner-tenqos s’ad-jouste àce mesnage, parce que les matinées s’em-ployait à cest effueillement ( autrementperdues à cause des rozées , pendant les-quelles est défendu de toucher à la f ueille)d’autant que les branches de meurier,couppées avec leur ramage, estans dès lesoir portées au logis, sont effueiliées dèsle grand matin suivant, que l’on se meten oeuvre , et cela se faict en attendant,que par le soleil ou les vents , les rozéessoyent abbattues de dessus les arbres.
ÈtfiUr Tout le mal qu’on peut faire aux meu-i“ meurier, ‘ riers, en les effueillant, se guérit par le
coujvper de leurs branches (remède ser-vant presques à toutes les maladies desarbres, comme est dict des fruictiers - ) , Lieu VI
/ chap. xxYix
s’entend , les leur ostant toutes univer-sellement , les étestant ou leur couppantla teste , ainsi qu’à saules, dont en peu•de temps ils se renouvellent: pour, leursbranches aggrandies et fortifiées , servircomme au-paravant. C’est pourquoi, aubout de quelque temps , éteste-on lesmeuriers, qui est lors qu’on les void seconsumer par trop de travail. Ce termen’est restraint à certaines années , laseule faculté de la terre ordonnant de ceschoses , faisant repousser et reproduireplus de bois en un endroit qu’à l’autre.
T outes-fois, pourra -on dire que presquespar tout, de dix en dix, ou de douze endouze ans, cela seroit raisonnable depratiquer, pour le bien de ce mesnage :et par ce moyen, cbastrer la meurière parchacun an , de la dixiesme ou douziesmepartie de ses arbres. En étestant les meu-riers , l’on y laissera des longs chiquots,sursaillans de quelques pieds la four-cheure de l’arbre, ou autrement, ainsique mieux s’accordera selon sa capacité :se servant en cest endroit, d’instrumenshientrencheans, afin de ne rien escorcer,ni esclater en l’arbre : et pour faire latrenchebien unie, laquelle sera pendanted’un costé, pour rejetter les eaux de lapluie. Le temps de ce mesnage est celuimesme des autres arbres taillis 3 sçavoir,l’hy ver estre passé, commenceans d’entreren sève (non devant, pour les raisonsdictes ailleurs), en beau jour, non venteux,bruineux, ne pluvieux : car rejettans lesmeuriers de mesme qu’eux, voire autantvigoureusement qu’aucune autre jdante,ont de commun la saison de la couppe.