DU THÉÂTRE D’AGRICULTURE.
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Quand Mais parce qu’ès meuriers est considé-urp. e .‘"‘ l “ rable la fueille, le plus clair de leur re-venu, est de besoin tascher de n’en rienperdre, si possible est, à quoi l’on par-vient en délayant de les tailler jusques enMai, ou au commencement de Juin, lorsqu’il convient employer la fueille. Par cemoyen, l’on se sert de la fueille l’annéemesme de la couppe des arbres : ce qu’o-n11e pourroit faire sans ce retardement. Etbien-que pour la trenclie de telle saison,les arbres ne produisent de ceste année-là, si grands rameaux, que si on les étes-toit èsmois de Février ou de Mars $ leurestant un peu court le temps de s’ac-croistre ; n’importe , c’est autant de gaî-gné pour l’année d’après : en laquelletels rameaux , quoi-que petits, ayans gai-gné l’avantage, s’aggrandissent avec mer-veille , dont les arbres en peu de tempssont amplement revestus : encores quecontre les préceptes de l’art, pressés dela nécessité, l’on couppe les arbres , eten jour pluvieux , et sans regarder à lalune , comme s’accorde , tant ils sont debonne volonté.
Quelle lune Touchant le poinct de la lune , diver-rlr. a ° bser ' sement on l’employé, selon la diversitédu fonds qui gouverne telle action. Parinfluence céleste , les meuriers taillés encroissant , produisent leurs vergettons ,longs , sans branchettes traversantes : endecours, courts j avec plusieurs petitesbranches , croisans les principales. Pourcompenser ces choses (ayans à eslire letemps, sans contrainte), en lune nou-velle, étesterons ceux de nos meuriers ,estans en maigre terroir, et en vieille, lesautres plantés en gras. Ainsi, ceux-là sefourniront de vergettons , autant longsque la foiblesse du terroir le permettra :
et ceux-ci pour la force du fonds, se re-garniront convenablement, ce qu’à proposne feroient, taillés en croissant, à causeque leurs vergettons n’estans retenus parj les branchillons, s’allongeroient par trop,
. dont versans eu hors , difformeroient' l’arbre j icelui demeurant vuide par le, milieu , à la manière des palmiers ; celan’estant à craindre ès autres , à cause dej la maigreur du fonds, qui jamais ne faictj repousser trop abondamment. Par cemoyen , se remettront - ils très - bien enbois j plustost toutes-fois les uns que lesautres, selon la faculté du terroir : maisnon aucun si lentement, qu’àla deuxiesmeannée ne se rendent capables de recom-mencer leur accoustumé service ; pourveuque le fonds soit cultivé comme il appar-tient. Car en vain se travailleroit-on à connutbien entretenir les meuriers par leursbranches si on ne tenoit conte de leurs meurim -racines, dont à la longue défaudroient,comme en telle erreur tumbent ceux, quipour espargner le labourage , plantentleurs meuriers dans des prés, ou em-préent leurs meulières. En quoi ils sedesçoivent, par ne considérer que les meu-riers laissés en friche , ne peuvent rap-porter tant, ne de si bonne fueille, cpieceux qui sont cultivés. Et si bien se voyentplusieui's beaux meuriers dans des prai-ries , la response est , que la terre en estgrasse, et en suite, si non contraire, àtout le moins, non du tout bonne poul-ies vers : où estant maigre , les arbres n’ydureront longuement, à faute de culture.
Le moyen asseuré qu’il y a de se dresserune meurière de bois touffu, et l’entre-tenir sans despence , jusques à raison-nable grandeur pour bien servir, est re-présenté ci-après au discours des arbres cliap. xxvn,
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