DU THÉÂTRE D’AGRICULTURE.
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Cnçnoissartcede la matu-rité
voyons tous les jours que des clioses cor-rompues sortent diverses vermines, selonles diverses qualités des matières. Du tau-reau , et selon l’Escritare , du lion , s’en-tendre l’abeille : du cheval les Ireslons :de la charongne humaine le serpent : lesAnciens tiennent du cheval et du mulets’engendrer les guespes, de deux diversessortes, pour la diversité de ces deux ani-maux, comme j’ai dict au chapitre pré-cédent , et des asnes les bourdons. Etsoyent des vivres , habits , meubles , jus-ques au bois , par tout, en la terre ,en l’eau , en l’aer , en lieu humide, ensec, treuve-on que Nature crée des bes-tioles , vermisseaux , mouscherons avecautant d’admiration, qu’admirable est leCréateur (102).
Quelques jours avant que les vers pren-
la niaiu- , ,
des vers, nent ta montée sur les rameaux pour vo-mir la soye, ils manifestent leur dessein,par la lueur de leur corps, qui devient dia-phane et translucide, comme raisins meu-rissans : auquel poinct recognoist-on au-cunement, à la couleur de leur corps, lane quelle couleur de la soye qu’ils feront. Lors
couleur sera -, -,.
/a so^e. remarque-on les vers estre diversementcolorés , toutes - fois distinctement, dejaune, d’orangé, d’incarnadin, de blanc,et de vert, qui sont les cinq couleurs deDistinction la soye. Aussi discerne-on les masles d’a-vec les femelles. Les yeux prétendus desvers satisfont à ceste curiosité : caria pein-ture d’i ceuxès masles, est plus apparentede noir, qu’ès femelles, lesquelles en telendroit, n’ont que de très-subtiles mar-in vers ques et desliés filamens. Quant à la cou-
sont de diver- l 1 i 111*
j« couleurs, leur de leur corps , selon les climats ?l’une est à préférer à l’autre. La plus-partde la graine d’Espaigne produit des versblancs : et estant telle graine la plus va-
leureuse que nulle autre en ces climats,nous priserons aussi plus la blanche, queni la noire , ni la grise, ni autre.
Après, avec la mesme diligence dont Reurernous avons cultivé nostre soye, finale- ralïlux\ment nous la vendangerons, ne pouvantceste dernière action , qu’avec très-no-table intérest , souffrir le délai, nonplus qu’autre récolte de l’année. L’es-cume de la soye est la première matièreque vomissent les vers , de laquelle ilsjettent les fondemens de leur édifice. Ilsl’attachent fermement avec beaucoupd’art entre les rameaux , lesquels chargésde ces riches coucons, ressemblent à desarbres exquis, qu’on void garnis d’abri-cots, de poires d’esté, et d’autres pré-cieux ffuicts. Là prend-on les coucons enparfaicte meurté ; laquelle se remarquepar les addresses dictes. Tarder plus de Et quand.sept ou liuict jours à les desramer, se-roit se constituer au liazard de convertirla soye en filozelle , pour le loisir qu’ondoimeroit au papillon de perser son cou-con, afin d’alier faire sa graine. C’estpourquoi le plus asseuré sera, de com-mencer dans le sixiesme jour de lamontée des vers. On les prendra douce-ment , sans froisser la beste qui est de-dans, par là prévenant les macules descoucons, qui aviennent par leurs corpscrevés , se convertissans en humeur telle-ment gluante , que par-après est impos-sible d’en desvider toute la soye.
Pourveoyant à l’avenir l’on avisera à se n*
fournir de graine, pour la conservationde l’engeance. J’ai monstré le but de ce
graine poursemence.
ver
, estre ,
après avoir ourdi la soye,de faire de la graine , pour se perpétuerparmi nous. A quoi convient limiter sanaturelle affection , de peur que lui lais-