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Tome II.
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DU THÉÂTRE DAGRICULTURE.

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de lui chauffer fortement le derrière , et chaquejour elle donnoit son œuf. Ces couvées d'hiver ,à la vérité , ne réussissent pas aussi constam-ment que les autres ; mais si déjà les couvéesdu printemps sont beaucoup plus lucratives quecelles de lété , à cause de la cherté de la jeunevolaille dans cette saison , quel bénéfice cellesdhiver ne procureroient-elles pas? Et nest-ilpas évident quon seroit amplement dédommagédes dépenses plus considérables quelles exige-aient , en risquant un plus grand nombre dœufspour avoir un même nombre de poulets ? (P. )

rag* i5, (22) Ce moyen, qui présente quelques diffi-

colonit 11 , cu j t( s s dans son exécution, est plus curieux quu-tile. La proposition de faire couver les œufs depoule par des pigeons , entraineroit dans desfrais plus considérables ; ils exigent une bonnenourriture , et les pigeonneaux , au bout dequinze jours , rapporteraient beaucoup plus deprofit que des poulets de trois à quatre mois :ce seroit donc acheter trop chèrement lavan-tage davoir des poulets dhiver. Dailleurs , onest trop occupé dans les fermes, pour recourir àun pareil procédé, moins praticable que le pré-cédent, qui est plus conforme à la Nature. (P.)

Pag> 16, (23) Le précis que donne Olivier de Serres , de

colonne i f p; ncu bation artificielle des canards à la Chine ,

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ma paru trop succinct, pour quon puisse appré-cier cette méthode, et jai pensé quon liroitavec plus de plaisir le texte même de la traduc-tion françoise de louvrage de Gonzales, qui aparu la même année que le Théâtre dAgricul-ture ; il contient plus de détails , quoicpiil laissenéanmoins encore quelque chose à désirer.

« Ils ont de grandes cages (les Chinois), faitesde cannes de roseau , qui sont aussi longues quetout le couvert de derrière leurs barques , ilpeut tenir aisément quatre mille canars : lesquelsestant dedans y pondent leurs œufs le plus dutemps en des nids , qui sont arrangez pour cesteffet en plusieurs endroits de la cage. Ces œufs le nourrissier les oste du nid , et si cest entemps desté, les met dedans du fumier de bulles ,ou deceluy mesmedes canars (qui est fort chaud)auquel lieu il les laisse autant de jours , quilsçait par expérience quil les y faut tenir poul-ies faire esclore : au bout desquels il les tire

dudit fumier, et les casse un à un , et de chacunœuf sort un petit canarton : ce quils font de telleindustrie , quil ne leur en meurs presque pasun : qui est la chose qui fait le plus esbahir ceuxqui les vont veoir faire par curiosité (combienquil 11y en aye pas beaucoup qui y vaisent, àcause que telle coustume est ancienne et fort or-dinaire par tout le royaume ). Et dautant quilsfont cette mesnagerie tout le long de lannée,et que durant lhiver le fient a ineslier destreaydé de quelque chaleur extérieure , pour faireesclore lesdits œufs , ils usent dune autre in-vention qui est daussi grande industrie que lapremière , et est de la sorte qui ensuit.

» Ils prennent une grande cannissade, ou cagede roseau , sur laquelle ils estendent le fumier,puis mettent tous les œufs dessus , et les cou-vrent bien chaudement du inesme fumier. Celafait, ils posent sous ladite cage de la paille, ouquelque autre matière aisée à brasier, à la-quelle ils mettent le feu , lequel dure tout letemps quils sçavent y devoir estre pour faireesclore lesdits œufs : et alors ils les cassent dela façon que dessus , et diceux sortent et ses-closent de petits canartons en si grand nombre,quil semble à voir des fourmillières (il advientle plus souvent y en avoir plus de vingt mille).

Estant esclos , ils les mettent et posent en uneautre cage quils tiennent preste pour cet effet,dans laquelle il y a plusieurs grans canars , quilsont instruits à couvrir et coëtiver les petits des-sous leurs ailes : et leur donnent à mangeren temps et lieu, jusques à ce quils se sachentprouvoir par leur bec, et sortir dehors (desbarques) pour aller herber aux prez , ou auxterres ensemencées, en la compagnie des grans. »{Histoire du grand royaume de la Chine , faiteen espagnol par R. P. Juan Gonzalès deMen-doce , et mise en français par Luc de la Porte.

Paris , 1600 , in-b°. , chap. XXII, fol. 96.)

Tout ce que dit Olivier de Serres , de lincuba-tion à la Chine et en Egypte , ne se trouve pointdans la première édition de son Théâtre dAgri-culture, de 1600 ; il la ajouté dans les éditionssuivantes. ( H.)

(24) Rien , en apparence , nétoit plus facile Pag* ,que de créer lart de faire éclorre les œufs sans

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