DU THÉÂTRE D’ AGRICULTURE.
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leurs basses-cours ; ils ont été privés , par consé-quent, d’un moyen assuré d’augmenter la massedes ressources de la maison, et d’ajouter enmême temps aux revenus du domaine rural.
Je me bornerai à observer , avec M. Chalu-meau , qui a publié d’excellentes vues sur cettepartie de l’économie domestique , que, si les es-sais tentés jusqu’à présent pour élever des din-dons , n’ont été couronnés d’aucun succès , ondoit en rejeter la faute sur la mal-adresse oul’inexpérience de ceux auxquels on les a confiés.Ce n’est pas du travail qu’il faut ici, mais dessoins et un peu de patience : il n’est pas dou-teux que tant qu’on s’obstinera à contrarierles femelles pendant qu’elles couvent , à ouvrirles coquilles des oeufs pour favoriser le passagedes poussins tardifs à éclorre , et les comprimerdès qu’ils sont nés , pour les faire manger ; à leslaisser exposés à toute l’ardeur du soleil, ou àl’action insensible de l’humidité froide , on neparvienne à les tuer avant qu’ils aient atteintun mois ; il en coûte moins alors de dire que cetoiseau est difficile à élever, plutôt que de s’ac-cuser soi-même de négligence , d’ineptie et debarbarie tout-à-la-fois.
Cependant il faut convenir que , si on ne don-noit que du grain à manger aux dindons, gou-lus comme le sont ces oiseaux, ils ne méritassentle nom de coffres à avoine , qu’ils portent danscertains cantons ; mais n’y a-t-il pas d’autressubsistances à meilleur compte pour les nourrir ?Combien de matières , inutiles aux champs oudans l’intérieur de la ferme, qui seroient enpure perte, si elles n’étoient consommées par cesoiseaux! Doit-on toujours les rassasier avantle terme où il s’agit de les engraisser pour lesvendre ? On se tromperait encore en imaginantque ces soins, dont on s’effraye , fussent aussimultipliés et assujettissans qu’on l’a prétendu ;ils se réduisent, dans les premiers jours de lavie du dindon, à mettre cet oiseau à l’abri desalternatives de chaud et de froid , de sécheresseet d’humidité; à lui administrer une nourritureappropriée et économique, et à ne pas le perdrede vue jusqu’à ce qu’il ait poussé le rouge : c’estalors seulement que son tempérament est formé,qu’il brave la rigueur des saisons et toutes lesinfluences des localités. (P. )
(3i) Quoiqu’en général les œufs de dindes Page ai ,soient peu employés dans la cuisine, parce que * ’
ces femelles n’en pondent guère au-delà de cequ’elles peuvent couver , ceux de la secondeponte étant rarement consacrés à la reproduc-tion de l’espèce, forment la base de la nourri-ture des poussins dindes dans leur premier âge,ou quand , plus forts, ils ont été surpris par lefroid. On les mange à la coque, et ils entrentdans la plupart de nos mets ; ils sont même pré-férés à ceux des poules pour la pâtisserie, et leurmélange avec ceux - ci rend les omelettes plusdélicates.
Il n’y a cependant pas de doute que lesœufs , quoique composés des mêmes principes ,ne possèdent quelques qualités intérieures ouextérieures , propres à en caractériser la source ;mais ce sont de ces nuances trop légères pourdéterminer leurs différences comme aliment :ce que nous savons de bien positif, c’est que ,dans un grand nombre de cas , l’odeur et legoût particulier de la chair des oiseaux ne secommuniquent nullement à leurs œufs. Plu-sieurs auteurs de matière médicale observentqu’il existe certaines poules de mer dont lesœufs ne diffèrent en aucune manière de ceuxde nos oiseaux de basse-cour , malgré que leurchair ait une odeur et un goût extrêmementforts. Enfin, les œufs de la tortue caret ne par-ticipent point à la malfaisance de sa chair , ilspassent même pour être plus délicats que ceuxdes autres espèces de tortues marines, qu’onmange également. (P.)
(3a) La couleur la plus commune de cet oi- idem,seau est noire ; cependant, les dindons blancs l ' s ' u '»■ont été très-multipliés , et leur mélange a pro-duit un grand nombre de bigarrures. Beaucoupde personnes croient que les dindons blancs sontles plus faciles à élever et à engraisser; c’estpourcette raison que , dans quelques-uns de nosDépartemens, on en voit de grands troupeaux decette couleur : d’autres , au contraire, préten-dent que ce sont les dindons noirs qui réunissentces qualités ; mais il ne paraît pas , jusqu’à pré-sent, que l’expérience ait fait reconnoître unetrès-grande différence entre les uns et les autres.Cependant une opinion assez généralement adop-
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