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Tome II.
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DU THEATRE D AGRICULTURE.

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laisser à la dinde la faculté de pondre plus dœufs,jai essayé de le faire servir, comme les chapons,à la couvaison : les expériences suivies que jaifaites, mont bien prouvé que, quand on lavoitcontraint par tous les stratagèmes connus à rem-plir cette fonction , il sen acquittoit de manièreà mériter dètre comparé, pour lassiduité à resterconstamment sur les œufs, à la véritable mèrecouveuse; mais lorsque les poussins paroissent,leurs cris, leurs mouvemens leffrayent, il lestue , ou les abandonne sans rémission. (P.)

, ( 34 ) Létat de foiblesse du premier âge des

' poussins dindes se prolonge lespace de deuxmois , cest-à-dire jusquà ce que les inamine-lons dont leur tète et leur cou sont revêtus, secolorent en rouge plus ou moins foncé. Cetteépoque remarquable dans lhistoire naturelledu dindon, est réellement pour lui une époquecritique : les périls dont il est environné pendantsa débile jeunesse, saffoiblissent, et il perdle nom de poussin , pour prendre celui de din-donneau. La Nature , en colorant ces mamme-lons, semble annoncer que cet oiseau 11a plusbesoin des soins multipliés qui lui ont été jjro-digués ; mais , pour favoriser cette éruption ,il faut encore continuer les mêmes soins, aug-menter la nourriture, et la rendre plus tonique ,en y ajoutant quelques jaunes dœufs , du vinavec du pain émietté , de la farine de froment,du chenevis écrasé, etc. : ce 11est qualors quondoitle regarder comme véritablement acclimaté.Les dindonneaux vont ensuite aux champs avecleurs mères , qui ne tardent pas à soccuperdune nouvelle ponte ; ils se mêlent, sans diffi-culté et sans danger, avec les dindons des an-nées précédentes. Ils logent en plein air , sur lesarbres, ou sur le juchoir qui leur est destiné : ilspeuvent, jusquau mois dOctobre (Brumaire),être conduits dans les guérets , les prairies etles vignes , après la moisson, la fauchaison et lavendange; au bois, après la chute du gland et dela faine ; enfin, dans tous les lieux il y a desfruits sauvages , des insectes et des grains à ra-masser ; mais il faut sur-tout les éloigner desvignes lorsque le raisin est mûr, car la grêlenexerce pas plus de ravages. Ils rentrent le soirà la ferme, bien gorgés de tout ce quils ont

Théâtre dAgricullure, Tome II.

mangé , dinsectes dont ils ont délivré leschamps , des grains qui ont échappé à la maindu glaneur, et dune quantité de subsistancesqui seroient, sans cet emploi , absolument per-dues pour le propriétaire.

Une fille de douze à quinze ans, peut facile-ment conduire une centaine de dindonneaux ;mais il faut lui recommander de ne pas oublierque, nayant pas encore acquis le plus haut pointde leur croissance , ils seroient fatigués par descourses trop longues.

Aucune nourriture ne leur donne une chairplus blanche ni plus délicate que le pain decreton ou marc de suif ï on en fait bouillir plusou moins , suivant la quantité dindividus ànourrir ; quand ce creton est bien divise , on ledélaye dans une chaudière, on y mêle desplantes, et sur-tout lortie hachée, des racinespotagères ; le tout étant bien cuit, on y ajoutede la farine dorge ou de mays , dont on formeune espèce de pâtée , quon distribue aux din-donneaux deux fois par jour au moins , lematin et à une heure , quand on veut quils de-viennent gras. Mais comme on ne peut se pro-curer du pain de creton par-tout, les tourteauxou marcs dhuile de noix , de lin ou damandesdouces , le suppléent : il faut éviter soigneu-sement de les engraisser avec cette nourri-ture, car leur chair sen ressentiioit. On nedoit pas moins éviter les gâteaux ou tourteauxprovenant des amandes amères , ils sont unvéritable poison, non seulement pour les din-donneaux , mais pour toutes les autres espècesdoiseaux domestiques.

Indépendamment de lortie grièche et du per-sil , toutes les plantes auxquelles on reconnoîtune propriété tonique et stomachique convien-nent singulièrement bien aux dindons de tousles âges : le fenouil, la chicorée sauvage, lamillefeuille, peuvent entrer dans la composi-tion de leur nourriture. Un soleil ardent estfuneste à ces oiseaux autant que la pluie ; aussiles dindonniers intelligens ont-ils soin de neconduire leurs jeunes troupeaux au jAturageque pendant les heures du jour les plus tempé-rées , savoir , le matin après que la rosée estdissipée , depuis huit heures jusquà dix ; et lesoir avant quelle paroisse , depuis quatre jus-

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