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Tome II.
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CINQUIESME LIEU

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Idem ,limite .

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quà sept. Il est bon que les dindonneaux trou-vent de lombrage dans leur promenade , et aumoindre signe de pluie on doit se bâter de lesrentrer dans leur habitation et de les garantirdes mauvais effets que produit sur eux lhumi-dité froide à laquelle ils sont exposés immé-diatement. (P.)

, ( 35 ) Jignore si lopération de chaponner les

' dindons est pratiquée quelque part; mais en sup-posant quelle le soit, elle doit être accompagnéedaccidens nombreux. On sait quavant lappari-tion du rouge, cest-à-dire avant davoir atteintlàge de deux à trois mois, les poussins dindessont si délicats, que la moindre lésion quilséprouvent, devient mortelle : comment donc-sisteroient-ils à lopération la plus douloureuseque la Nature puisse supporter? Passé cette épo-que , je ne sais si lopération seroit heureuse ;cest à lexpérience à résoudre ce problème plu-sieurs fermières intelligentes mont promis desen occuper. Jobserverai, en attendant leursrésultats , quune ménagère très-instruite danslart de chaponner les oiseaux de basse-cour , atenté plusieurs fois cette opération, sans pou-voir y réussir , vu que cet oiseau est très-grand ,que les doigts ne sauroient atteindre les testi-cules sans faire une grande ouverture, et parconséquent une large plaie. Naturellement glou-ton , le dindon sengraisse facilement avec touteespèce de nourriture donnée abondamment, sansquil soit nécessaire de recourir à cette opéra-tion. (P.)

( 36 ) Ce nest que quand le froid arrive, etque les dindonneaux ont atteint environ sixmois , quon doit songer à leur administrer unenourriture plus ample et plus consistante , afindaugmenter promptement leur volume et leurembonpoint : les mâles sont connus alors sousle nom de dindon , et les femelles sous celui dedinde. Pour les engraisser, 011 se sert de leurappétit, quon met en jeu ; mais sil nest pasassez violent , il faut les gorger , les tenir dansun lieu sec et obscur , bien aéré ; ou mieux, leslaisser roder autour des bàtimens , mais sanssortir de la cour de la ferme. Pendant un mois,tous les matins, on leur donne des pommes deterre cuites , écrasées et mêlées avec de la farine

de sarrasin , de mays , dorge, de fèves grises ,suivant les ressources locales ; on en forme unepâtée solide, quon leur laisse manger à discré-tion. Tous les soirs il faut avoir lattention dôterce qui reste de cette pâtée , de laver parfaite-ment le vase dans lequel elle avoit été mise lematin ; car , pour cet oiseau comme pour lesautres , il convient de tenir propre leur manger,et de se garder de donner le lendemain le res-tant de la pâtée de la veille , parce que , sil faitchaud, elle contracte de laigreur et pourroit leurdéplaire et les dégoûter. Un mois après lusagede cette nourriture , on y ajoute tous les soirs ,lorsquils vont se coucher , une demi-douzainede boulettes composées de farine dorge , quonleur fait avaler , et cela seulement pendant huitjours, au bout desquels on a des dindes excessi-vement grasses , délicieuses, du poids de vingt àvingt-cinq livres (dix à douze kilogrammes).

Dans beaucoup dendroits on ne prend pas lesoin délever des dindons , on les achète maigresau marché lorsquils ont poussé le rouge , eton les engraisse insensiblement, en leur don-nant tous les résidus dont on peut disposer. Lesfemelles sengraissent plus facilement que lesmâles. Une autre pratique pour engraisser lesdindons consiste à leur faire avaler des boulettescomposées de coquilles de noix et de pommes deterre, quils digèrent à merveille : on commencepar un petit nombre, et lon va toujours en aug-mentant , en leur fourrant par force, dans le go-sier , les alimens qui peuvent leur convenir.

Chaque canton a sa méthode pour engraisserles dindons , et toujours elle dépend des ressour-ces locales : tantôt cest le gland, la faîne ou lachâtaigne quon fait cuire, et quon broie avec lafarine du grain le plus commun ; tantôt, commedans la ci-devant Provence , ce sont des noixentières quon leur fait avaler une à une , enleur glissant la main le long du cou, jusquà cequon sente quelles ont passé lœsophage : oncommence par une noix, et on augmente insen-siblement jusquà quarante; mais beaucoup depersonnes nestiment pas ce genre dengrais pourles dindons , à cause du caractère et du goûthuileux quil communique à la chair. (P.)