CINQUIESME LIEU
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est acclimaté; il a cependant de la peine à vivreen Suède , et Linné observe que ce n’est qu’àforce de soins , et non sans altération de sonplumage. Les papiers publics rapportent qu’en1776 un paon fut enseveli sous la neige pen-dant plusieurs jours , dans une cour de la villede Dunkerque ; qu’on le retira vivant, et qu’ilcontinua à se bien porter. Le dindon a fait peu-à-peu disparoître le paon de nos basses-cours : ce-lui-ci, peu fécond, plus sauvage, par conséquentplus difficile à multiplier , ne pouvoit guère êtreque l’oiseau des gens riclies et des grandes tables ;le dindon, plus domestique et plus productif,est devenu un aliment pour toutes les classes, etun mets pour toutes les tables. ( H . )
CHAPITRE V.
( 4 °) Ce n’est pas par une qualité venimeuseparticulière que les volailles , et sur-tout lesoiseaux aquatiques, qui ont le bec large, commeles oies , nuisent aux prairies sur lesquelles ilspâturent ; mais parce que , comme l’a observéAI. Tessier à l’égard des bestiaux , en pinçantles plantes ils les arrachent ou les ébranlent, etdétruisent ou retardent la végétation. (Voyez lanote (39) du quatrième Lieu, tome I, page 5 q 5 }colonne II.)
Quant à leurs excrémens , Olivier de Serres adéjà dit (tome I, second Lieu, chapitre III,page 126, colonne II ) que , pour leur grandefroidure , ils ne sont d’aucune ou d’une bienpetite utilité ; mais ces reproches , qui parais-sent être confirmés par plusieurs arrêts de Courssouveraines , méritent d’être examinés et ap-préciés. Ces arrêts fixent le nombre d’oies queles communes peuvent posséder , et indiquentdes lieux particuliers où elles doivent pâturer,attendu , y est-il dit, que ces animaux occasion-nent beaucoup dédommagés dans les pâturages,par la fiente qu’ils y déposent, en sorte qu’onne peut tirer aucun avantage de ces pâturagespour la nourriture des bestiaux.
On ne peut se dissimuler que l’opinion d 'Oli vier de Serres , qui est la même que celle qui amotivé les arrêts , ne soit en partie fondée ; etl’expérience a prouvé que non seulement les
plantes sèches sur lesquelles les excrémens dela volaille ont été déposés , sont réfusées par lesanimaux , qui s’en dégoûtent ( voyez la note (4)de ce Lieu , page 1 53 , colonne II) , mais encoreque ces mêmes plantes vertes ne tardent pas àjaunir , à se flétrir , à se dessécher jusques dansla racine , et à mourir. Ces effets ne sont pasparticuliers aux excrémens des oiseaux et desoiseaux aquatiques , ils sont produits aussi parles urines de tous les autres animaux , par lesel, les cendres , la chaux , la poudrette , leplâtre , etc., toutes substances néanmoins aux-quelles on ne dispute point d’être d’excellensengrais, lorsqu’elles sont employées à propos ,c’est-à-dire lorsque l’eau les . a suffisammentatténuées , détrempées , et fait pénétrer dansl’intérieur de la terre.
La fiente des oiseaux est composée, commecelle de tous les autres animaux , du résidu desalimens ; elle contient en outre , une petitequantité d’urine , et une partie blanche qui esttoute différente, et que nos collègues MM. Four-croy et Vauquelin, auxquels l’agriculture aplus d’une obligation , ont trouvé avoir tous lescaractères d’un mélange de carbonate, de phos-phate de chaux, et d’albumine. C’est la mêmesubstance que celle qui constitue la coquilled’œuf ; par conséquent elle doit produire sur lesterres les mêmes effets , bons ou mauvais , qu’yproduiront tous les engrais crétacés ou calcaires.
Ainsi, la nature des excrémens des oies bienconnue, et c’est un service que la chimie arendu à l’agriculture , il n’est pas difficile d’as-signer les terres qui leur conviennent, et derendre compte des mauvais effets qu’ils peu-vent produire sur les prairies , lorsqu’ils y sontdéposés par ces animaux et qu’ils s’y dessèchent;mais il n’en est pas de même lorsqu’ils sontmêlés avec d’autres engrais , ou délayés dansl’eau, ou étendus par les pluies immédiatementaprès avoir été répandus sur les terres : dans cescas , on n’a jamais rien à redouter de leurs ef-fets , et ils produisent toujours , au contraire ,ceux qu’on a lieu d’attendre des meilleurs en-grais de ce genre, si, du reste , le terrain est denature à en avoir besoin. (Voyez les notes deAI. Yvart, sur le chapitre III du second Lieu,tome I, page 171 et suivantes. ) (ZT. )