DU THÉÂTRE D’ AGRICULTURE.
I0ij
bettes ou poirées ; demeurant générale-ment tout le reste , en son premier na-turel , sans vouloir estre remué du sémi-naire : liors-mis les cardons , melons ,concombres , courges et semblables, quisouillent le transplantement, bien-quemieux ils se treuvent au lieu où aurontesté semés , que remués en autre.
En quelle Les semences des jardins sont en leurXônnn le s parfaicte bonté au bout d’un an , des-
semences.
cliéans de leur valeur passé ce temps-là ,à mesure de leur envieillissement. Cen’est toutes-lois une tant générale règle,qu’elle ne souffre quelque exception ,pour certain petit nombre de graines, quine sont bonnes de leurs trois premiersans , et d’autres produisant divers et ex-travagans elïècts. Comme l’on tient la se-mence de cliou envieillie, produire desraves : et celle des raves longuement gar-dée, des clious (22), en quoi ces semen-ces-ci dégénèrent à la longue, nontoutes-fois que cela avienne de quatre ou cinqans , durant lesquels presques toutesgraines peuvent estre conservées en leurpremière qualité. La pluspart des jardi-niers croyent que la vieille semence demelon n’est d’aucune valeur : et j’ai ex-périmenté, que gardée vingt-deux ans etplus , demeure encores très-bonne , telleayant plantureusement profité cliés moiet en quantité et en bonté de fruict. Sanstirer ces choses en conséquence nous pré-férons néantmoins les graines récentesaux rances, les belles aux laides, les biennourries aux ridées, les poisantes aux lé-gères.
Grande Se preuve par tout, que le changer
Milité de 1 , 1 1 | O
changer de souvent de semence est un bon secret clejardin , pour un profit évident qu’il ycause, faisant très-bien fructifier ce qui
en provient : car la Nature se délecte enla mutation. Il est vrai que le deschet enla menue herberie ne se cognoist tel encest endroit, qu’en la grosse , se rappor-tant assés bonne de la semence cueillieen son lieu mesure , comme sont le per-sil , l’ozeille, pareillement toutes sortesde salades d’hyver et semblables. Mais lesclious , la poirée, les laictues , désirentd’estre souvent remués, sur tout les chous-cabus, chacun an s’il est possible. Lesmelons et raiforts aussi. Quant aux con-combres , courges , citrouilles , encoressouffrent-elles le demeurer quelques an-nées en leur propre jardin sans grandetare. Le meilleur seroit bien toutes-fois,d’en changer entièrement de semencechacune année , si faire se pouvoit. Tellescience est très-bien entendue en Lan-guedoc . Les jardiniers de Nisrnes tirentargent de leurs graines, et en acheptentailleurs pour semer en leurs jardins,comme vers Montpellier : ceux de Mont-pellier, à Narbonne : ceux de Narbonne en prennent à Thoulose ; et ceux - ci enfont venir d’Espaigne , à tout le moinsdes principales, tenans de père à fils,que les semences montans du midi auseptentrion, sont très-profitables ( 23 ).
Cela mesme avons-nous remarqué sur le Lieu npropos des blés , où le père-de-famille cl,a r- IT 's’arrestera, si la preuve du contraire nel’en destourne.
Estans les jardinemens divers, commej’ai monstre, faict que diversement l’onjette les semences en terre : à lignesdroictes, en crestes eslevées , et unimentcomme prairie selon les usages. A plaisirse cultivent les semences rayonnées, s’enpouvant la terre aisément remuer sansimportuner l’herberie. Mais estans uni-