DU THEATRE D’ AGRICULTURE.
à cinq douzaines. Ce sera au mojs de Fé-vrier, la lune estant vieille, et mi terrebien préparée et fumée, où, moyennantbonne culture et opportun arrousement,graineront très-bien j pourveu aussi quele lieu et le solage leur agréent ; tous in-différemment n’estans propres à ce parti-culier mesnage.Les tiges des oignons grai-nans montent hautement, comme de troisà quatre pieds, dont ils sont fort tourmen-tés par les vents, qui les esbranlent, à laruine de la graine. A telle tempeste , l’onremédie avec des paisseaux et perches,leur en faisant des barrières à l’entourpour tenir les tiges en union, et les gar-der de rude approche, icelui tous-joursleur estant préjudiciable.
Ennemis Le plus dangereux ennemi qu’ayentles<iujard,n- jarclins est la courtillière , laquelle rongeentre deux terres les racines des herbes ,despuis la plus petite jusques à la plusgrande plante, les dégastant toutes sans enespargner aucune. Elle est ainsi ajipellécà Paris, en Languedoc , sterpi ( scirpë ),et taillc-sebe ( tâlio-cêbo ) , de l’oignonqu’on y nomme sebe ( cêbo ) , que cestemeschante beste aime q>a.r dessus touteauti'e viande, cruellement la traictant.Ceste beste est assés grossète, de couleurjaunastre, marche à plusieurs jambes, alegroin fourchu dont elle faict ses dégasts.En beschant la terre où elle se tient conti-nuellement, l’on en treuve les nids façon-nés en rond avec de la terre endurcie,ayans plusieurs trous semblables à ceuxdes abeilles : là ces bestes font leurs oeufsen grande quantité , lesquels attrapantlors, c’est pour en desengeancer le jardin.Le moyen en est assés aisé : car il ne fautque creuser, au commencement de l’hy ver,plusieurs fossettes en divers endroits duThéâtre d’Agriculture , Tome II.
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jardin, et les remplir de fumier nouveau,où ces bestes se retireront recercheans leurchaleur, pour se sauver des froidures de lasaison , qu’elles craignent fort : ainsi as-semblées ces bestes, à l’approche du prin-temps les irés prendre , et en treuverésles nids avec leurs oeufs, ou iceux de nou-veau esclos avec nombre infini de bes-tioles dont facilement vous defferés detelle tempeste. Ne suffit d’emmonceller lefumier au jardin , car pour ne sortir cesbestes que rarement à l’aer , plus aisé-ment se retireront-elles au fumier estantdans terre , que dessus icelle. Autre. En-terrés des grands vazes de terre ou debois, jusques à la gueule fieurans le plande la terre, et mettés-y de l’eau au fond,dans laquelle ces meschantes bestes irontboire la nuict, et s’y précipiteront sansen pouvoir ressortir : pourveu que le vazene soit rempli d’eau. Mais par sur toutautre remède, cestui-ci est le plus effica-cieux. Semés au jardin du chanvre du-quel recueillirés le rapport en saison ,laissant au fonds sa naturelle odeur quiest forte, et tant contraire aux sterpis,qu’elle les bannit du jardin pour quelquesannées. Pour commodément employericelui remède , seront faictes trois ouquatre portions esgales du jardin, afind’en faire servir une en chenevière cha-cune année : dont par tel ordre sans im-portunité , le jardin se maintiendra enbon estât (26).
Les pourreaux suivent pied à pied les p ùu maux.oignons : mais avec l'observation de la
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lune , car soit dedans ou près de l’hyver,c’est tous-jours en croissant qu’il les fautsemer, et en suite planter. Profondémentl’on les met en terre , pour les garder deI grossir en teste , et afin de les faire allon-
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