DU THEATRE D’AGRICULTURE.
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graute.
melons les opprime , qui par - après re-gaignans la place, à l’aise y fructifient,n’ayant leur fuei liage aucun empesche-ment.
Cumm.nt Sur la terre remise ès fossettes sera se-,'mcr la m ^ e j a g ra j ne me l on ? deux ou trois
jours après la piaineur de la lune, un oudeux doigts de profond , et ce fort espes-sement comme vingt-cinq ou trente grainsen chacune fossette, non en intention d’ylaisser tous les jettons qui en provien-dront , ains seulement trois ou quatre desplus vigoureux , après en avoir arrachéles autres. Pour la difficulté du naistrede la graine , provenant de l’infélicité dela saison , du dégast des rats, et autresbestioles la mangeans dans terre, et pourles divers accidens qui aviennent à leursjettons levés de terre , par limaçons ,
et semblables ennemis
qui
les
Commentauparavantl’aromatiser,
coussons
rongent , a-on accoustumé de n’espar-gner la semence : à ce que telles pertespréveues, et par ce moyen payées , enpuisse rester à suffisance pour le rem-plage du lieu. Au semer des melons , au-cuns ad-joustent les bonnes senteurs etliqueurs , pour en odorer et savourer lefruict, croyans que moyennant cest arti-fice , s’acquièrent par dessus leur natu-rel , diverses précieuses qualités. Et sibien telle recerche n’est généralement ap-prouvée de tous, comme estimée tropcurieuse, à tout le moins par jugementuniversel, ce bien y reste , qu’ayant lagraine esté trempée et après semée toutehumide, lève plustost de terre que si onl’y jettoit sèche ; tel ramolissement advan-ceant l’oeuvre : comme en pareil cas , ap-paremment, se remarque utile, le trem-per dans l’eau des pois et fèves avant quede les semer. Et sert aussi telle subtilité,
Et avecquelles ma-tières.
à corriger la mauvaise senteur des fu-miers , dont la terre à melon est néces-sairement engraissée , de peur d’en estrelesmelons empuantis, pours’atlirer à euxtoutes senteurs , bonnes et mauvaises ,q>rès desquels ils s’accroissent. C’est pour-quoi pour ce inesnage choisit-on les fu-miers les moins puans, et cncores pourles exhaler sont meslés en la teiTe de laplanche , long temps avant qu’y semer lagraine de melon : n’entendant de celle clela fossette, au fond de laquelle est néces-saire le fumier estre séparé, pour tenirla graine en chaleur.
Ainsi à tel effect est la graine prépa-rée, tout-d’une-main y donnant la sen-teur et la saveur, différentes, selon ladiversité des matières dont l’on se sert encest endroit. L’on infuse les rozes sèches,dans le laict: le benjouin , dans l’hypo-cras : le succre et la canelle, dans le vin-cuit : le girofle, dans le vin-musquat : lanoix muscade , dans le miel, et sembla-bles matières ( y ad-joustant du musc, del’ambre-gris, de la civete, si tant l’onveut despendre) séparées ou meslingées,comme l’on veut. Dans l’infusion en vais-seaux séparés, met-on tremper la grainede melon, pour vingt-quatre ou trenteheures , sortant de là , est incontinentjettée en terre avec le reste de la liqueur.
Le naturel des melons ou poupons est uunrhmi.de n’estre transplantés , ains d’acheverleurs cours en leur séminaire , pour le c °“"profit, plus grand et plus advancé, qu’ilsfont là, que remués ailleurs ; aussi letransplanter n’est que pour les endroitsseptentrionaux, comme sera veu. Pourlaquelle cause, ne se souciera le jardinier,de changer aucunement scs melons de lieuen autre , mais les laissant où il les aura
mmaire } nonà estre trans-plantés.