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SIXIESME LIEU
semés jusqu’à leur fin , tascliera de lespréserver des ordinaires tempestes qui lesperdent, et en graine dans terre, et de-hors en avoir poussé ; et après par cul-ture , d’en faire aggrandir leurs jettons ,pour tost fructifier, selon le commundésir des jardiniers; qui jouent à qui aurale premier poupon, faisant gloire de leur/> jordi- diligence. Par tous les moyens que letm i,-.< h.;>„ jardinier pourra cxcogitcr, iera la guerreaux rats, souris, tournais , vermisseaux ,limaçons , et autres ennemis , y veillantcontinuellement, de peur que par fautede bonne sentinelle, il ne mésavienneen ce négoce. Aux rats cliassera-il avec
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ratoires et autres engins propres à lesprendre, dont il se deffera de telles Lestes.Ce moyen est très-bon et approuvé , nonpour prendre lesrals, ainspour les garderde nuire : c’est en semant sur la terre ,sans le couvrir, du pur blé-froment, etce à rentrée de la nuict, durant laquelleles rats viendront pour le manger , sansnullement toucher aux grains de melontant que le froment durera. Par ainsi leurtenant de telle viande pour quelques jours,donnerés loisir à vos melons de naisti'e etde ne craindre par-après les rats. Lescendres, les suies de cheminée, les cieuresde chesne, destournent les auti-es bes-tioles d’approcher des poupons, si l’on encouvre leur parterre , espargnant leursf’ueilies , afin de ne les en offèneer : maismieux en sont-elles destournées, par despots de terre dont l’oia couvre les tendresplantes de melon durant la nuict, et lejour venu, en les descouvrant, tuer deces bestioles tout ce qu’on y treuvera àl’entour ; estant le silence de la nuict cequ’elles es]>ient, pour faire leurs dégasts.Se garde-on aussi du ravage de ces ani-
maux, sur tout des l’ats, par des cagesd’ozier ou de fil - d’archail druement tis-sues, desquelles le heu est environné, oùl’on aura semé les graines y demeuransà sauveté à cause de tel rempart. On faictces cages sans couverture ire fond, de lamesure des fossettes, qui est d’un pied dequarreure, et en les fourrant quelquesquatre doigts dans terre , gardent que lesrats ne les peuvent transpasser pour ve-nir jusques aux semences : dont les jet-tons ne laissent de jouir du soleil, laclarté d’icelui passant à travers les cages.
Le jardinierserfouera curieusement sesnouvelles plantes de melon, eslevant leurterre avec quelque petit instrument, ouen l’esmiant entre les doigts et l’esgrati - romer -gnant avec les ongles. Tout-d’une-mainy ad-joustera-il quelque subtil et gras ter-l'ier pour les ravigourir. Sur tous lesquels Quel est leengraissemens, le meilleur est le fumier ZZZZJZde brebis, employé ainsi , et au tenrps " !lWqu’il appartient. La manière en est, dele metti'c non joignant les racines , maisprès d’icelles : et le temps, la plante es-tant un peu fortifiée, non devant, cartrop jeune ne pourroit souffrir la chaleurde tel fumier. Les arrousera lors qu’ellesauront soif : mais en leur donnant l’eauavec discrétion, attendra de les faire boireleur saoul lors qu’elles seront un peu for-tifiées , et tous-jours en espargnera-il lesfueilles , afin de ne les mouiller aucune-ment si possible est, à tout le moins deleurs deux premiers îaiois. Les tiendracouvertes la nuict, durant le temps deleur plus tendre jeunesse, mesme en payschaud, de peur qu’il ne leur mésaviennepar les gelées du printemps, qui quel-ques-fois sont tant importunes, qu’ellestuent, non seulement les tendres melons,
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