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SIXIESME LIEU
quatre doigts l’un de l’autre : après dou-cement couverte avec deux ou trois brinsde balai, et tant qu’il suffise pour la dé-fendre dulialitre et mauvais vent. La sai-son la plus propre pour dresser et semertelles couches, est la fin du mois de Mars ;parce que jusques alors, bien - que lesgraines levassent heureusement, les froi-dures et les mauvais temps les retardenttellement, que bien souvent avient queceux qui font leurs semences de melondans le mois d’Avril, favorisés du temps,advancent davantage , ayans aussi tostdes bons melons, que les plus hastifs.L’on void ordinairement que s’il n’arrivequelque grande intempérature d’aer, labonne graine posée sur une bonne cou-che, commencera à lever le troisiesme ouquatriesme jour d’après qu’elle aura estésemée. Lors conviendra que le jardinieraie grand soin de ses nouvelles plantes,les tenant à couvert du mauvais temps,les reschauffànt de délicat et menu fu-mier , sans nullement les arrouser en cecommencement. Et d’autant qu’au boutde dix ou douze jours la couche commen-cera à se refroidir, il la faudra reschaufïèrjmr nouveau fumier , qu’on y ajoindrade deux pieds tout à l’entour, et de samesme hauteur.
Voilà r ordre qui s’y doit tenir, jusqu’àce que les plants ayent poussé leur cin-quiesme ou sixiesme fueille : lors si lasaison est douce, faudra préparer une ouplusieurs autres couches selon la quantitéde vostre plant, avec du récent fumier decheval, comme dessus, seulement hautesde deux pieds de largeur, comme la pre-mière. L’on les laissera reposer neuf oudix jours , pour en oster le trop de cha-leur du fumier, avant qu’on y remue le
plant, pour s’y achever de faire. Ne fau-dra mettre aucune terre par dessus lacouche, ains planter les jeltons de melonsur le pur fumier , dans lequel, voiregrossier comme jiaille mi-pourrie, serontfaicts des trous ronds , larges d’un pieden diamètre et autant profonds , en ron-gées et lignes droictes, équidistans d’unpied et demi ; dans lesquels , les plantsseront remués , arrachés du séminairesans violence, pirenant l’assemblage destrois grains avec toutes leurs racines etterre y attenante : là ils seront bien lo-gés , bien serrés de peur de l’esvent, etarrousés si le temps s’addonne à la séche-resse , pour les faire reprendre plus faci-lement : comme aussi sera très à propos,de tenir couverts les plants avec des potsde terre pour un ou deux jours, avenantque le soleil soit chaud, car par tel om-brage , leur reprinse s’en asseurera. Ainsiplantés seront entretenus durant dix oudouze jours, bien couverts, sur tout lanuict , pour les préserver des gelées etfrimats restans de l’hyver, jusques à ceque l’on voye qu’ils soyent parfaictementbien reprins, et qu’ils commencent vouloirallonger leur premier tige , duquel il fautcoupperle bout, pourconlraindre la subs-tance delà plante, à jetler des branchesde tous costés du principal tronc, parceque desdictes branches vient principale-ment le fruict, non du premier tige. Puisvenans les branches à s’estendre, il fautque le jardinier aie la cognoissance decelles qui sont propres à porter fruict, etdes autres qui ne produisent que la foieet inutile fleur, afin de coupper du toutles unes et roigner les autres à la justelongueur qui leur est nécessaire pourfructifier. Geste forme deretuilleure, qui