DU THÉÂTRE D’AGRICULTURE.
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s’appelle proprement, chastrer, se conti-nuera de deux jours l’un, juscpies à ceque le f'ruict soit en parfaicte maturité.Car par cest ordre, vous obligés toute lasubstance de la plante , à nourrir sonfruict, non à s’estendre inutilement àl’entretien de plusieurs brandies et f ueillesde nulle valeur : moyen qui apporte telet si grand advaucement à la nourriturede ce fruict, que telle curiosité observéeaux climats de quarante-liuict à quarante-neuf degrés , les melons se rendent pa-reils en bonté et promptitude de matu-rité, qu’en ceux de quarante-quatre etquarante-cinq : car c’est dans la mi-Juiiletqu’on mange de bons melons à Paris , aussibien qu’en Avignon et à Nismes. L’arrou-ser y sera continué une fois de deux endeux jours , si le temps est ordinaire,mais la chaleur pressant, ce sera tous lesjours qu’on fera boire ces plants, jusquesà ce que les melons soyent presquesmeurs.Ceste science et l’expérience combattentl’ignorance et la paresse de ceux qui neveulent employer l’artifice et la peinepour avoir de ces beaux fruicts, et plu-sieurs autres singularités, en domptanspar là rintempérence de l’aer de leurpays , et se privans volontairement demille commodités exquises , dont les ef-fects de telle curiosité , rendent tout lemonde certain de la récompense asseuréed’un lionneste travail. Car non seulementles concombres et courges, symbolisansaux melons , ains toute sorte cl’herberie,grosse et menue , est heureusement pro-duite sur telles couches.
Contraindre Pour faire naistre les melons dans
la semence * , , 1 • , ■
* pnutmr vingt-quatre heures, convient en semer la
dé”emf>r“ graine dans des paniers ou pots de terre,parmi de subtile et bien engraissée terre ,
au-paravant ayant trempé la semence dansdu vin ou autres liqueurs, un ou deuxjours. Et après fourrer les paniers ou potsdans le four, après en avoir tiré le pain,ou pour la chaleur restante de la fournée,dans un jour et une nuict, les grainespousseront et lèveront de terre. Ce quevoyant les remuerés en cabinet bien serrésans sentir l’aer, et le lendemain les ex-poserés au soleil de midi , un coupled’heures , non plus : et le jour suivant,les y tiendrés quatre ou cinq heures,ainsi continuant de jour à autre en aug-mentant le séjour au soleil de la moitiédu temps. Pour leur faire accoustumerl’aer peu à peu , cependant les humecte-rés selon qu’en verrés le besoin, en lesarrousant avec cl’eau tiède. Sans ces ob-servations, en vain telle curiosité: car parcraindre estrangementle froid, ces plantesforcées par chaleur artificielle, se perdentà peu d’occasion en leur première aage.
C’est pourquoi l’on attend que le tempsse soit bien eschauffé, avant qu’employertel ordre. Finalement seront logés en lamelonière, et en suite cultivés commedessus.
Ceci est propre pour le pays froid, que En pnysde faire naistre, croistre et meurir lesmelons dans des grandes quaisses portées d ‘‘ melom -sur roues : pour , des caves où l’on lestient durant les froidures, les traisner ausoleil des beaux jours : et de là ès caves ,alternativement, selon les nécessités , àla manière qu’on gouverne les orangersen France .
Aucuns, avec plus de subtilité et moinsde peine, gouvernent ceste plante, sousaer septentrional. Cela se fàict en lui pa-rant les froidures avec couvertures deverre, lesquelles tant s’en faut d’empes-