2 7 4
SIXIESME LIEU
Lilac.
Seringa.
Quellesplantes bon-net pour ca-binets t ton-nelles , etc.autre les pré-cédentes.
tronc de l’arbre, aussi bien ès endroitsendurcis des brandies , que sur leursbouts et cimes , précédentes de trois sep-maines la naissance de la lueille, et serendent utiles en ce qu’elles sont man-geables en salade, tenans quelque chosede la saveur des câpres. Il s’édifie par re-jects enracinés prins ès jûeds des vieuxarbres, à faute desquels, satisfera lagraine employée au mois de Mars oud’Avril.
De semblable corps et service que leprécédent, est cestui-ci, dict, lilac ; sonfueillage est plaisant à voir. Ses belles etgrandes fleurs de couleur grix violent,sentansbon, parent longuement le jardin.Produit abondamment du pied , dont lesremettons renouvellent la plante ; défail-lans, ce sera la semence qui satisfera àcela, l’employant au mois de Mars oud’Avril, en terre grasse et desliée (61).
Le seringa porte la fleur blanche et pe-tite, très-agréable à voir et à sentir, vientaprès celle de lilac. Est de longue duréeau jardin y servant de plaisant ornement.Sert commodément en palissades et cabi-nets. S’édifie de branche, aussi de se-mence dont il est rendu de facile eslève-ment, pourveu qu’il soit mis en bonneterre (62).
Pour l’ombrage sont employés aux ca-binets , berceaux, tonnelles, treilles, etautres lieux couverts du jardin de plai-sir, non seulement, les arbustes , ainstoutes sortes d’arbres fruictiers, et autresayans les branches flexibles, si à ce l’onse résoud. Mais par lascher la fueille enhyver tous les fruictiers, peu exceptés ,faict les postposer aux autres qui ne sedespouillent qu’à mesure de la nais-sance de la nouvelle fueille : laquelle ve-
nant pour les revestir, tient tous-joursles arbres fournis de ramage. D’entre tousles fruictiers qui se despouillent, nouschoisirons, comme à ce les plus propres,les coudriers, cerisiers , meuriers, et gre-nadiers : lesquels par estre bois decoupperejettans facilement, satisferont à vostreintention : et pour la diversité de la ma-tière , en sera le service agréable , ainsique communément tel se représente-il dechoses diverses. Quant à la vigne, c’estde l’ordre commun , que d’en couvrirtoutes sortes de treillages ; où pour doubleutilité, elle est bien-séante. Des fruic-tiers vestus , deux seulement se treuventutiles à ce service , assavoir l’olivier, etle pin , dont la beauté de l’ombrage seraaccompaignée de la commodité dufruict.
La chose n’est toutes-fois sans difficulté,pour le naturel des plantes, d’elles-mesmesnon guières obéissantes et ployables. Tou-chant aux orangers, citroniers, et sem-blables arbres précieux ne se despouil-lans, n’est raisonnable de les employeren cest endroit, pour leur grande délica-tesse : ou seroit que le pays les favorisastentièrement, comme en la basse Pro-vence près de la mer Méditerranée , oùpour les parer des froidures , l’on n’estcontraint de les tenir couverts en liyver.
Les 2>lus dignes arbres de tout le généraldes autres , vestus et despouillés , etplus propres aux couvertures , sont lescyprès et lauriers : desquels les bonnesqualités , de couleur , de senteur , et d’o-béissance , rendent les ouvrages magni-fiques.
Le cyprès ne se peut édifier que par se- Cyprh.meuce , estans leurs branches inracina-bles , et leurs tiges vuides de rejettons :dont les vieux cyprès meurent tous-jours