2.7Ô
SIXIESME LIEU
Laurier,
tomne, rctirc-on les coques ou noix con-tenans la graine, qui est fort menue etpetite. Sa ineurté se recognoist à la cou-leur et poisanteur, tant plus forte estantl’une et l’autre , que plus la graine ap-proche de la perfection. En ces deux sai-sons de l’année , treuve-on des coquessur l’arbre, toutes-fois, d’inégale bontéselon la nourriture de l’arbre , qu’on re-cognoist aux marques susdictes (63).
Au contraire du cyprès, le laurier seperpétue par remettons succédans les unsaux autres , si que le tige ne meurt qu’àline force de mauvais traictement. Auxpieds des vieux lauriers , en treuve-onabondance de jeunes, pour faire des nou-velles laurières. La manière de les es-lever est la précédente, excepté qu’il fautque la serpe joue au laurier, pour l’apro-pricr au service qu’on désire de lui. Ainsiqu’au cyprès , remarque-on au laurier ,masle et femelle, les deux, néantmoins,gardans la beauté de leur fueillage toutel’année, ressemblant celui de l’oranger.Auprès d’un masle , sera jdantée UI iefemelle pour les faire accroistre par-en-semble en perfection : ce qu’on ne pour-roit espérer, les logeant par sexes sé-parés. De mesme aussi que les cyprès ,le seul laurier masle porte la semence :la femelle estant stérile, bien-qu’eileflorisse aussi bien que le masle, ayantcommune la couleur du fueillage. Cesparticularités se recognoissentnaïfvementà Cauvisson , entre Nismes et Montpel lier , où tels arbres abondent, y croissansnaturellement. Le masle y est appelle ,baguicr, et la femelle, laurier , ainsi dis-cernant les sexes. Plus d’advancementfont les lauriers par semence , que parplant enraciné ; pour laquelle cause es-
tant question d’édifier la laurière, nevous souciés que du semer , sans vousdonner la peine du transplanter. Maisil faut se résoudre en ce commencement,du lieu où destinés les arbres pour tous-jours , afin de n’estre contraint , parchangement d’avis , à les remuer d’unlieu en autre. La semence, qui sont lesbaies de laurier, est mise en terre commeglands ou cliastaignes, par rayons, ou àla fiche , quatre doigts profond , et depied en pied de distance. Là elles serontentretenues par bonne culture , jusqu’àce que le plant en sortant, soit parvenuà la grosseur du poulce, pour estre trans-planté , si transplanter on le veut, vraipoinct de le prendre , plus jeune et plusvieil, n’estant de si bonne espérance ( 64 ).
Voici une autre sorte de laurier, maisfort petite et basse , tenant lieu entre lesarbustes. Elle porte des rozes , et pource appellée, rododendron, ou rosago ;florit à la fin de l’esté; s’eslève de se-mence ; craint le froid : pour laquellecause, et pour sa petitesse , est cesteplante nourrie dans des petites quaissesou pots de terre, dont la facilité du trans-port , lui pare les froidures, et à proposlui faict jouir de la chaleur du soleil (65).
En semblable lieu et pareille façonque le rododendron , se sème et nourritle monon , petit arbrisseau plaisant à laveue, pour la couleur verte de son fueil-lage , et pour son fruict, qu’il produitsemblable à une petite cerise rouge,non toutes-fois mangeable (66).
Parmi ces arbres de plaisir , nous lo-gerons le griotier à rozes. C’est un grandarbre semblable en bois et fueilles au ce-risier aigre , ne produisant aucun fruict,ains seulement des rozes incarnates près-
Rododen «dron.
Monon.
Griotierà rozss.