Band 
Tome II.
Seite
291
JPEG-Download
 

DU THEATRE DAGRICULTURE.

291

Fraiz<-:

lautre. Dautres couleurs que de blanchey a-il des lys, venans deux-mesmes sansartifice, comme des louges et violets,aucunement dissemblables en figure auxfrancs. De colorer jar artifice les lys,F line la voulu enseigner, mais avec tantpeu de vérisimilitude , quil vaut mieuxlaisser linvention , que dessayer desen servir, pour la foible espérance quily a den tirer plaisir (100).

Bien-que ce discours 11e contienne quefleurs pour l'ornement du parterre , si nesera-il mal à propos , pourtant, de logeren ce reng , les fraizes : lesquelles don-nans et de liierbe verdoyante plusieursannées , et des belles fleurs blanchesbonne partie de la primevère, avec rai-son pourront-elles tenir honorable rengen cest endroit. Car les vuides du par-terre comme quarrés, ronds , triangles ,pentagones et semblables parties descompartimcns , cstans remplis de fraizes,sen représenteront plaisans à la veue ,pour le naturel de leur herbe , se tenanttous-jours bassement, rempant à terre ,et souffrant destre ageancée par retail-leures , ainsi qu011 désire. Et ceci est deplus , seule suffisante cause de les esle-ver, que le fruict quen abondance ellesproduisent, bon , salutaire , plaisant ;primerain, avant-coureur de tout autre,rend la plante recommendabie. De plantenraciné lon se pourveoid de fraizes, nonde semence, pour sa foiblesse. Mais ceplant-ci est tant aisé à reprendre, quilnen faut, que des menus jetions ayansquelques filamens subtils , pour sen en-geancer. Souffrent tout aer , bien-quefroid , aussi lombrage. Cest pourquoinaturellement sans culture , viennent-elles par les forests agrestes , parmi la

touffe des arbres. Toutes-fois , elles sen-grossissent à mesure du traictement :dont avient que , pour avoir des grossesfraizes, convient les transplanter au jar-din en lieu soleillant, et les bien traic-ter par sarcler, sans souffrir les malignesherbes les importuner, et en la séche-resse les arrouser : à laquelle curiositéintervenant lexquis choix de la race , cesera pour avoir des fraizes du tout agréa-bles. ( ieci aussi est observable, questansles fraizes en pays leur agréant, gaignansterre, elles rempent au détriment du voi-sinage quelles couvrent et oppriment deleur ramage. Pour auquel mal obvier,est nécessaire terminer leurs limites,couppant des jettons ce qui sesgarerahors diceux , sans leur permettre passerplus outre : ainsi lon les contraindra àdemeurer dans leur logis, sans nuisance.Mais pour avoir des fraizes plus grosseset en plus dabondance que le commun ,les fraiziers en seront conduicts dun par-ticulier traictement : cest, en ne leurpermettant de grimper à terre , ains lescontraignant à seslever en haut, se fa-çonnans comme en petits arbrisseaux.Cela se faict en leur couppant de jour àautre, avec longle, les jettons voulansgrimper à terre, selon leur naturel. Pourlaquelle cause, les plantes seront mises àterre par séparations distinctes ( non con-fusément) , ces t assavoir, de demi en demi-pied de distance lune de lautre, par ren-gées. Dont la terre ajnès cultivée, rap-portera des fraizes excédans en grandeur,bonté, et abondance, les communes. Eten telles qualités se rendront presquesadmirables, si la race delle-mesme en estbonne : veu que jiar tel traictement, lesdu tout sauvaiges saffranchissent (101).

O o 2