DU THÉÂTRE D’ AGRICULTURE. 3o 7
encollées , qu’on peut aisément recou-vrer : laissant place au jardin , pour yloger celles qui de jour à autre pourrontvenir de nouveau à nostre cognoissance,des pays lointains, rares et exquises, etautres servons à nostre intention. Je lesai distinguées selon leurs naturels, à ceque sans confusion toutes soyent bien lo-gées , chacune avec sa semblable, en l’as-pect du ciel qu’elle désire. J’ai aussi notéle moyen de les eslever : de mesme lespropriétés et vertus de chacune plante , i
cscrites au texte , sans les vouloir mar- I' |quer par annotation au marge, afin d’é- ]
viter telle importune redicte. Au dis-cours desquelles herbes y a grande ma-tière de remercier Dieu , du soin qu’il ades hommes , pour la conservation de lavie desquels , et pour les délivrer de ma-ladie , il leur a donné infinies herbes etplantes, dont les admirables vertus ra-vissent l’entendement humain.
Tes simplet Angélique, tel nom a esté donné àde ioru.ru. cgste pl arL |; e ^ à cause des vertus qu’elle a
contre les venims. S’en treuve de deuxsortes, l’une sauvaige, l’autre domesti-que. La sauvaige croist par les lieuxmoites ; et la domestique se sème de-vant et après l’hyver, en jardin cultivé etarrousé en la sécheresse. Geste herbecontrarie à toutes infections : est très-utile en temps de peste , tenant en labouche de sa racine ; et à ce que celasoit agréablement , on la confit avecsuccre , au sec, corrigeant par ce moyen,la sauvaigine de son goust : guérit lesmorsures des serpens et chiens enragés :faict cracher les humeurs superflues, net-toyant l’estomach. L’eau qui en est dis-tillée , sert aux choses susdictes, et àtenir la personne joyeusement. Ses fueilles
appliquées au front, chassent le mal deteste.
Valériane, se délecte en bonne terre,bien labourée et fumée, aussi arrousée.L’on s’en engeance plus facilement parplant enraciné , que par semence , la-quelle sera employée , défaillant le plant.Le printemps et l’automne en sont lessaisons : moyennant lequel traictement,s’en montera hautement en tige , commel’on désire en ceste plante. Est proprecontre la douleur de costé : à provoquerles urines, et les fleurs des femmes. Legoust de ceste herbe est agréable auxchats, la mangeans avec apétit.
Pain-de-pourceau, ceste herbe est ainsidicte, parce que les pourceaux se pais-sent de ses racines , les fouillans dansterre avec affection, pour le goust quileur en agrée. En latin est diversementnommée , rapum , tuber } umbiculusterra;. Elle demande terre grasse et hu-mide , bien labourée , afin de nourrirses grosses racines, ressemblants à la rave.La grande chaleur nuit à ceste plante ,c’est pourquoi elle cerclie les ombrages,et perd ses fueilles au mois d’Aoust. Lejus de ceste herbe sert contre la co-lique : contre l’hydropisie : purge le cer-veau : lasclie le ventre : esclarcit laveue : ouvre les hémorroïdes : a ire s te lesiège lasche et pendant : désopile le foieet la rate. Son eau est bonne contre lesvenims et poisons : contre le flux de sang.Sa racine trempée en huile rozat, eticelui instillé dans l’aureille, en petitequantité , guérit la surdité, et aussi lesulcères vieilles, et des aureilles et des au-tres parties du corps. La décoction de saracine , beue , provoque les mois auxfemmes : oste taches du visage, causées
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