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SIXIESME LIEU
pcctive. Il contient comme cinq estages ,qui sont les chemins environnans la mon-taignete, soustenus par des murailles ,chacune haute de liuict pieds ; hors-misla première au rés de chaussée où sontles portes, ès faces d’orient et de midi,qui est de trois toises : toutes les muraillesensemble montans à neuf toises quatrepieds. Les chemins se diminuent en lon-gueur, à mesure qu’on les pose les unssur les autres ; le premier estant plus longque le second ; cestui-ci, que le troisiesmejainsi des autres: et ce par degrés, donttout le corps du jardin semble estre enthéâtre. Les chemins et pourmenoirs ,comme est dict en l’ichnographie , sont àniveau sans aucune pente : leur largeurest d’onze pieds, marchant sur le bout etespesseur des murailles ; et les jardinslongs , joignons icelles murailles , ontquatre pieds en largeur, de inesme queles précédens du jardin rond. Les degrésdes perrons, et ceux d’un chemin à l’autre,estons aux angles , se remarquent assésau pourtraict, aussi la place vuide quiest au dessus delà montaignete, avec sesaccoudoirs et fontaine , sans autre des-cription. Touchant l’intérieur voutoyépour logis à orangers , et à semblablesarbres précieux , il sera à deux estages ,la grande hauteur de la montaignetedonnant telles commodités. Pour laquellecause seront faictes deux voûtes , l’unesur l’autre, portées par des pilliers , à lamanière dicte. En la plus haute voûte,on entrera par des portes qui seront autroisiesme replat ou pourmenoir, ès as-pects susdicts , d’orient et de midi, oùles orangers et telles autres plantes se-ront posés au bon temps, dont le théâtresera environné avec belle représentation.
Plusieurs petits cabinets pourront estreespargnés dans l’espesseur du terrain surchacun replat, esquels les fontaines dé-couleront en plusieurs sortes avec beau-coup de plaisir, selon les diverses inven-tions des gens d’entendement (n5).
CHAPITRE XV.
La Fourniture du Jardin Médecinal.
C’est voirement ouvrage de grands,que le dresser des jardins médecinaux ,ainsi projettes , pour la despence néces-saire à leur fabrique. Néantmoins sepourra-elle rendre modérée , en racour-cissant le dessein, le mesurant au petitpied à la proportion des moyens, commej’ai dict. A telle entreprinse, servira d’o-culaire addresse le jardin médecinal, quipar commandement du roi, a esté dresséde nouveau à Montpelier , parM. RichierdeBelleval, médecin du roi et professeuranatomique et botanique en l'universitéde ladicte ville, lequel il a heureusementmis en si bon estât, qu’ayant avec liésmodérés accommodé le lieu à tel usage,divers en sa situation, il l’a finalementrempli de simples et herbes médecinalesde toutes sortes, domestiques et estran-gères, recercliées et près et loin, et en sigiande abondance, que sa docte curiositéet grande diligence méritent beaucoup delouange, pour le profit qui en revient aupubliq (n6).
Après avoir dressé le logis, convient lemeubler. Les meubles de nostre jardinmédecinal seront les simples et herbesmédecinales , telles que ci-après je les ai