DU THÉÂTRE D’AGRICULTURE.
Plaisir
arbres.
uriner. Le jus de l’Jierbe , gargarisé ,appaise la luete enflammée.
Manrube , en latin , marrubiwn etpressium, vient en tous lieux, mais gaie-ment sans culture ès mazures des vieuxbastimens. L’on s’en engeance par se-mence. Le jus des fueilles de ceste lierbeavec miel, est bon contre la courte ba-leine , faisant cracher, au grand soulage-ment des asthmatiques : aide aux femmesà attirer l’arrière-fais après l’enfante-ment. Ceste herbe sert contre la douleurdes costés : purge les vieilles ulcères : ai-guise la veue. Son jus, mis dans le nés,guérit la jaunisse : et avec huile rozat,mis dans l’aureille , en appaise les dou-leurs (117).
CHAPITRE XVI.
Le Jai'din Fruictier en général.
Junsuit le jardin fruictier ou verger,lequel j’ai délibéré vous représenter naïf-vernent, pour vous accommoder de pré-cieux arbres fruictiers , avec autant defacilité, et aussi tost, que le naturel dela chose le permet. Mesnagerie, pour sanoblesse, pour la variété et richesse dece qu’elle contient, très-requise d’un cha-cun, etrecercliée de toute sorte d’hommes*1 habitans des villes et des champs. En lacognoissance desquelles qualités , tantplaisantes et utiles , l’homme de gentilesprit se délectera, considérant les arbresfruictiers dès leur origine. Car despuisleur première jeunesse , jusques à leurdernière vieillesse, en tous temps ettoutes saisons , vestus et despouillés de
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fueille, donnent matière de contente-ment : pour leurs salutaires ombrages del’esté , asseuré rempart contre les ventsde l’hyver , et joyeuse retraicte des oi-seaux durant l’année. Les jettons qu’ilsrepoussent à la primevère, comme re-prenans nouvelle vie, sortans du profondsommeil de l’hyver : les fleurs dont ilsse parent, avant-coureuses de leurs ri-chesses : en somme , tout ce qui est eneux , jusques à la clieute des fueilles, estagréable. Du fruict, est-il possible de dire Profit dutout ce qui en est ? Ne se peuvent pu- llun f' u,c,s -blier, ne de vifve voix , ne par escrit,toutes les races desfriucts, leurs espèces,leurs différences , en matières , figures,couleurs, gousts , senteurs , ne les dis-cerner exactement par leurs noms, estantce un abisme de bien dont Dieu nouscomble. Seulement dirons-nous à leur Et leurlouange , qu’ils surpassent tous autres dela terre en ceste qualité, que de sortirimmédiatement des arbres , prests àmettre dans la bouche , sans aucune su-jection, ains seulement de ce soin, quede les retirer des bras de leur mère. Etsi encoi'es le cueillir semble trop impor-tun , le fruict clierra de lui-mesme, rele-vant l’homme de telle jjeine. Plusieurspeuples imitans nos premiers pères, tirentleur vie des seuls arbres : les pommes ,poires, cormes , prunes , et semblablesfruicts , donnent aussi et à manger et àboire à aucuns. Bref, il semble que laNature aie ici publié son chef-d’œuvre,voulant que toute autre victuaille cèdeaux fruicts des arbres. Car ni le pain, nila chair , ni le poisson , ne sont présentésà manger, que cuits et appareillés en cui-sine, là où les fruicts comparoissent surla table des rois et princes, tout cruds ,