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S I X I E S M E LIEU
qui ne contienne quelque grain en lieuapparent ou caché , tendant à la conser-vation de sa race. Mais d’aucuns rendentla semence tant foible, qu’elle est presquesinhabile à l’engeancement. Que particu-lièrement aucuns arbres, doublement fé-conds , s’édifient et par semence et parenracinement de branches : voire y ena-il de tant facile eslèvement, que sansrefuser aucun moyen, tous peuvent estreasseurément employés ; c’est assavoir, etla racine, et la branche, et la semence.De tous lesquels moyens , sera faicte dis-tinction , et représenté le naturel de cha-cun arbre , pour selon iceux, les maniertous ainsi qu’il appartient. Par semence,nous esleverons les arbres que par autrevoie ne pourrons faire commodément ; etpar branche, ceux dont la facilité de l’en-racinement nous incite n’employer autremoyen , encores qu’ils viennent aussi par
QueUarLm semence. Ceux-là sont , poiriers, pom-
semence. miers , cormiers , abncottiers, aubergers,toutes sortes de pescliers, cerisiers, pru-niers , junjubiers, mesliers, cornouillers,amandiers, noiers, pins, cliastagniers,Quel, de coudriers. Et ceux-ci, coigners, grena-
branche. . -î • /* « T .
chers y coudriers, iiguiers. Les premierssubdiviserons - nous en arbres à pépin,à noiau , et à fruict, les logeans ensem-ble en la pépinière : toutes-fois par plan-ches séparées, pour éviter confusion. Etles derniers, en la bastardière , pour cha-cun en sa place, s’eslever et accroistrejusqu’à convenable grosseur, pour pou-voir estre transplantés au verger : réser-vant en lieu requis, à particulariser lenaturel d’aucuns arbres, pour les traic-ter selon qu’ils désirent. Et bien-qu’avccraison poussions appeller , noiaillière etfruictière, la terre de l’assemblage de
telles semences , aussi bien que pépi-nière : néantmoins , pour l’ordre , luilaisserons - nous son nom accoustiuné ,mesure pour ceste cause, que plus de pé-pins communément y loge-on, que, nede noiaux ne de fruicts. Dirons aussi,semer , mettre en terre tous pépins ,noiaux , et fruicts, desquels désironsavoir des arbres : par meilleure raisonque ceux qui appellent , planter , larnesme chose , ne pouvans user de telmot, que là où s’agit de plant enracinéou non , comme j’ai dict ailleurs. Dans Eu « Lie,, il’enceint des jardinages ordonnerons nos-tre pépinière , en lieu couvert de labize , et terre tempérée, facile à culti-ver , et exempte de l’importunité de lapoulaille , pour les grands maux qu’elley fàict, sur tout au commencement, lorsque de nouveau l’on a mis les semencesen terre, et que les arbrisseaux en pro-venans, repoussent. Les pépins seront q^i, serontprins en leur parfaicte maturité, choisispesans et de belle couleur, tous - jourspréférant les pépins des bons fruicts, àceux des mauvais , et des meilleurs , auxbons , pour l’avantage qu’on tire de tellecuriosité, espargnant quelques-fois l’en-ter , quand par heureux rencontre , lesarbres en provenans , rapportent fruictsdu tout francs : ce qu’on n’oseroit espé-rer de pépins sortis de fruicts de mau-vaise nature. Es provinces où pour bois-son l’on se sert des fruicts, le recouvre-ment de leurs pépins est facile, car ilne faut qu’en prendre le marc à l’issuedu pressoir , après le sécher , froisserentre les mains , et en soufflant, retirerles pépins de leur poussière. Mais oùtelle commodité défaut, l’on se pour-veoira de pépins le mieux qu’il sera jms-