DU THEATRE D’AGRICULTURE. 335
croissant et en decours , en l’un et enl’autre ternie se pratiquant heureuse-ment, pourveu que Ja terre et le cielsoyent bien disposés. Quant à la saison,celle d’après l’hy ver est à préférer à touteautre, pour le profit des arbres. Car crai-gnant estrangement les froidures en ces teleur tendre jeunesse, servira de beaucoupà leur advancement, de ne les exposerlors à la merci du mauvais temps : et parce moyen, engarder que les gelées etglaces n’ayent entrée dans la mouëlledesarbres , par la trenclie qu’on est contraintde leur faire , les roignant quand l’on lesplante. Il est vrai qu’en pays chaud etsec , commodément l’on les pourra plan-ter en l’automne , leur fueilie estantclieute -, mais à telle condition, que de lescouppcr quelques doigts plus haut quesi on les plantoit au printemps , pour ern-pescher l’entrée aux froidures, en inten-tion de les retailler plus bas , le beautemps estant revenu. Les arbrisseaux se-ront posés équidistamment d’un pied etdemi, par rengées alignées de trois piedsde distance l’une de l’autre : trop granden’estant-elle, pour là, à l’aise, se pouvoirmanier, entant et cultivant les arbres.Et pour ceste considération aussi , quemieux et plustost s’accroistront-ils large-ment qu’estroictement disposés. Voire etavec tant d’advancement, que plus debois feront les arbres estans ainsi à leuraise, dans trois ans, qu’ils ne feroient desix, logés à l’estroict, la presse leur des-tournant tous-jours l’accroist , et quel-ques-fois leur causant la mort.
Enraciner A ces arbres seuls ne servira la bastar-u im- oiere, ams a y enraciner des branches a,ard,ire, ce j no p res p 0U r en faire des arbres.Comme de celles de figuier, grenadier ,
coigner, coudrier, qu’en tels arbres l’oncouppera, ès cimes et bouts des branchesles plus droictes et polies, de la longueurde deux pieds, plus ou moins: puis onles 2 >lantera dans les fossés creusés à lamanière susdicte , et ce sera en recour-bant les branches au fond du fossé, pouren ressortir sur le plan de la terre, quel-ques deux doigts, après avoir rempli lefossé. Sur cela on avisera de ne roisner
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aucunement les branches de figuier, depeur d’attirer dans leur grosse mouëlle lesfroidures, que ceste espèce d’arbre crainttant : mais à ce que les branches ne sortentdehors plus que de la mesure susdicte,l’on les enfoncera dans la fosse, les yrecourbant tant qu’il suffise. Un niesrne Ame a»,temps n’est sans distinction propre pourles quatre espèces d’arbres susdictes, à ^uZUTr-cause de la diversité de leurs naturels, ire ’-ausquels convient s’assujettir. Le figuieret le grenadier, pour estre arbres de paysplus chaud que froid, seront mis enraci-ner au mois de Février ou de Mars, pourcrainte des froidures : le coigner et lecoudrier, par raison contraire , devantou dans l’hyver. Ainsi en nousaccommo-dans à leurs propriétés, leur causeronsheureux accroissement: autre que con-traint ne pouvant avenir, les manians aurebours de ce qu’ils requièrent. Quant àla distance de leur assiete, autre ne leursera donnée que la précédente , commela plus raisonnable , pour tost les fairereprendre et advancer.
Voilà nostre bastardière remplie, main-tenant n’estquestionque delà cultiver soi-gneusement, afin qu’aidant à la jeunessedes arbres, l’on les solicite à s’accroistre.
Trois fois l’année , pour le moins , con-vient la marrer, pour tenir le fonds en