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Tome II.
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S I X I E S M E LIEU

Commentarrnuser lesjeunes arbris-seaux.

guerest et deschargé de toutes herbes, àlutilité des bonnes plantes. Au labourerconvient aller retenu, sur tout la pre-mière année , cest à dire , ne profonderbeaucoup en terre, en la marrant, de peurdoffencer les racines des arbrisseaux : à laseconde, y aller un peu plus avant } ainsicontinuant par discrétion jusquà ce quefortifiées et ayans prins terre, aucun la-bourage ne leur soit espargné. Larrou-ser est aussi requis à ladvancement deces arbres , sur tout en leur commence-ment , ne pouvans lors que mal aisémentsouffrir la sécheresse , plus la craignans,que plus chaud en est le pays. Si avésleau à commandement, faictes-la dou-cement couler près des arbres en tempsopportun : mais gardés dabuser de tellecommodité, soit ou en la faisant croupirsur le lieu , soit ou eu les arrousant tropsouvent, car par lune et lautre voie,tost ou tard, les arbres périssent. Lemoyen de se servir utilement de leau ,est de lemployer seulement en la néces-sité , qui est lors que par les grandes cha-leurs lon void la terre altérée, laquelleen tel poinct, abbruvée , causera tel ra-ffescliissement aux arbres, quavec la cha-leur de lesté, à souhait, saccroistront-ils. Tel arrousement, toutes-fois, ne seraemployé indifféremment toutes les an-nées, afin de naccoustumer les arbrespar ti'op à boire, et par , rendre incer-taine leur reprinse en lieu sec, auquelsouvent lon est contraint de les replanteret loger pour la dernière fois. Ains leurdonnera-oii leau plus souvent ès premiersquès derniers ans de leur séjour en labastardière, pour, petit à petit, les se-vrant de boire, par manière de dire , lesdesaccoustumer de leau , pour aisément

sen passer (icelle défaillant), après estrereplantés au verger.

Or comme il est requis destre modéréà iarrouser des arbres , aussi est néces-saire beaucoup de discrétion au curer etnettoyer, pour les faire croistre, ainsiquil appartient , en ceste leur tendrejeunesse : car estant ce poinct mal en-tendu, cest procurer la mort aux jeunesplantes, ou du moins les advancer mal àpropos, pour après ne pouvoir faire bonnefin. Il est certain que tout jeune arbresefforce à vous obéir, quand se sentantdeschargé de branclieage, sen monte hau-tement: mais cest à sa ruine, si trop tost,ou ignoramment, lon la esmundé, dontfinalement par la foiblesse de son tige,le pied estant curé, demeurant mince,larbre se recourbera par le haut, et sanspouvoir passer outre , languissant, des-séchera. Pour laquelle perte prévenir , ettout-dune-main rendre larbre bien fa-çonné , faudra sabstenir patiemmentden coupper rien avec le fer, de ses deuxou trois premiers ans : ains seulementavec longle, oster ce que sans surcharge,lon ne lui pourroit laisser , comme lebout des branches des costés sescartanspar trop , sans soublier den coupper au-cune rès du tronc, avant le susdict terme.Cela se fera de jour à autre , à mesurequon verra les jettons sallonger, desquelsla cime seraroignée entre les deux ongles:laissant croistre amont celui du milieu,qui se trouvera le plus droict, pour servirde maistre pied, ou tige. Toutes-fois,ce sera avec un jusques-, qui pourraestre limité à six pieds , pour, faire lafourcheure de larbre. Aussi quoi-quiltardast, coupperoit-on telles branches ,quand ce ne seroit quen transplantant

larbre,

Commentles curer.