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Tome II.
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SIXIESME LIEU

Plusieurs de les enter après. Voire passans plusfQ>u outre , ne se contentent de les enter uneseule fois, ains y retournent plusieurs,pour faire rapporter aux arbres fruicttrès - précieux. Car il est certain que ,comme les métaux se raffinent tant mieuxque plus souvent lon les refond : ainsi lesarbres , par réitérés entemens parvien-nent à celle perfection de bonté tant sou-haittée pour la production des excellensfruicts; mesme, par telle curiosité, lesfruicts sen diversifient et bigearrent avecutile et plaisante admiration. Et dau-tant que cest lun des principaux secretsde la conduicte des fruictiers , ignoré desAnciens, ne faut laisser en arrière dereprésenter lordre à cela convenable,sans toutes-fois toucher aux particulièresfaçons denter , réservées en leur lieu,rar V , e i qui est tel. Un an après le remuement" yen ' des arbres en la bastardière, vers le moisde Mars ou dAvril, les jeunes arbres ,quoi-que minces, seront entés en fente ,un peu sur terre ou dedans icelle, simieux vient à propos. Pour la petitessedu tronc , un seul greffe y sera mis, joi-gnant par ses deux escorccs, des deuxcostés, le tronc de larbre , icelui et legreffe estans de mesme grosseur., legreffé justement inséré , se reprendratrès-bien, jettant du bois à suffisance pourrecevoir un autre greffé lannée suivante.De mesme en ferés pour la troisiesmefois, la troisiesme année, cest assavoir,enterés comme dessus, mettant le greffesur lenté : en suite pour la quatriesme,faisant tous-jours une enteure sur lautre,quatre doigts en montant: par ce moyen,le dernier greffe logé en lieu du tout pu-rifié, par son exquise eslection et des pré-cédens, rapportera en son temps fruict

très-parfaictement bon. Ainsi dans quatreannées, lon ente quatre fois un arbre, enchacune le greffant sur le franc. Mais quivoudra gaigner la moitié du temps, cha-cun an entera deux fois un mesme arbre,un en fente, au mois de Mars ou dA-vril, et lautre en escusson ou canon , enMai ou Juin, sur le jetton sorti de laprécédente enteure. Peu de difficulté setreuvera-il à ceci , estant larbre de soi-mesme vigoureux et bien cultivé, poursouffrir les entemens. De lenter à les-cusson et canon , se pourra - on servirpresques en toutes sortes darbres, maisplus expressément ès abricottiers, auber-gers et peschers, leur naturel aimantplus ces façons-ci denteure , que lesautres.

Tant sen faut que lenter plusieurs u m-jrifois recule les arbres de croistre, comme yjZèh'n °u,aucuns estiment, quau contraire, lescontraint à sadvancer davantage. Cela croisement.ne provient toutes-fois du naturel de len-ter, ains de celui du coupper, lequel atelle vertu, questans les jettons de larbreostés, leur substance en revient aux ra-cines , qui la redonnans au tronc , iceluisen engrossit dautant plus que plus defois lon laura recouppé : comme de né-cessité à chacun entement convient faire.

Par ainsi, larbre en sen montant peu àj>eu, acquiert cest avantage, que destreplus gros par le bas , que par le haut,selon que raisonnablement lon le sou-liaitte , pour estre capable de supporteren son temps, comme ferme baze, grandequantité de brancheage , et pouvoir ré-sister à la violence des vents. En quoi necourt si long terme , que dans cinq ou sixans , voire plustost, par le bénéfice duterroir, les arbres ne soyent parvenus a