DU THEATRE D’AGRICULTURE.
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l’arbre , et ce après avoir tiré beaucoupde substance au détriment du tronc : le-quel, par ce moyen , s’engrossira bien,tant et si tost, qu’on ne le pourra con-templer qu’avec esbaliissement. Jusqu’àtelle mesure donques laissera-on s’enmonter le tige : non davantage, là leroignant, dès incontinent qu’on s’apjier-cevra y estre parvenu, pour jeune quesoit l’arbre. Et en suite, estant engrossi,coupjier bien rés toutes les branches dutronc, l’en deschargeant despuis terre jus-qu’à la fourcheure, là prenant sa forme.Par ainsi demeurera l’arbre plus gros parle bas que par le haut, par conséquenttrès-ferme pour durer longuement. Au-quel poinct se rendra-il, quand par letempérament des branches costières ,aura esté retenu de verser en hors, résis-tant aux vents : et que , comme a estédict, la vertu des roigneures supérieures,rétrogradant, aura esté réservée pour lanourriture du pied, sans l’avoir inutile-ment communiquée à la teste.un quel Le temps de curer les jeunes arbres estUmj lors qu’ils sont en sève, pour tant plusfacilement en estre leurs plaies recou-vertes , et en moins de temps consoli-dées , ce qui avient par le prompt secoursd’icelle sève : chose qu’on pourra faire,despuis la fin de Mars, jusqu’à celle deJuin. De plusieurs années ne pourriés es-pérer l’entière guérison de telles ulcères,esmundant les arbres avant tel secours-là , comme aucuns mal - expérimentésfont, qui, au contraire , ne mettent ja-mais la serpe ès arbres que lors qu’ilssont endormis 5 invétérée ignorance.Ayant cure les troncs des arbres , con-vient les entretenir en tel estât, sans souf-frir s y accroistre par-après aucun bois ,Théâtre d’Agriculture , Tome II.
ains en oster curieusement tout ce qu’ypourroit revenir, non seulement commesuperflu , ains nuisible, aucun jetton n’ypouvant renaistre qui ne difformast lepied de l’arbre, au préjudice de toute laplante. Par tel ordre , et bénéfice delàculture du fonds , les arbres se façonne-ront très-bien, soyent-ils entrés en la bas-tardière ou non, sans distinction, ainsiestant convenable de les gouverner tous :et se rendront prests à estre replantésdans cinq ou six ans ( ou plustost, le paysleur agréant), à conter de l’ensemence-
ment
, qu
'auront attaint la grosseur du
bras d’un homme robuste, ou celle dumanche du hoyau j telle, pour la reprinseet accroissement , estant nécessaire :d’autant que moindre ne pourroit estre,que de trop tardif et ennuyeux advancc-ment, et plus grande, que de hazardeusereprinse.
Pour gaigner quelques années, aucuns «»
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ne passent par la pepiniere , ains seule- vaige ne pro-ment par la bastardière , en laquelle ilsreplantent des arbrisseaux bien choisis,arrachés ès taillis et forests, pour là les “ m ‘ ncc -nourrir et eslever, comme dessus. Celaest bon, où l’on a à suffisance de plant,qualifié comme il appartient. Mais com-ment qu’on manie le jilant sauvaige deson origine , jamais n’en peut-on tirerffuict si exquis , que par la voie de la se-mence , pour les raisons dictes.
Plusieurs arrachent de la bastardière
. - arbres en la
les arbres encores sauvaiges^ pour les re- bastardière,planter au verger, et là finalement lesentent : d’autres et mieux entendus encest art , les entent en la bastardièremesme , avant que de les en retirer, àce que francs soyent logés en leur dernierlieu, sans estre contraints par nécessité,
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