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Tome II.
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Commentles garderdesventer.

DU THÉÂTRE DAGRICULTURE. 34.3

toutes-fois à l'humidité quà la séche-resse. Mais si daventure estes surprinsou du vent ou de la pluie, faudra avec pa-tience attendre changement de temps :principalement si la j)luie chet, pendantlaquelle nest possible loger commodé-ment les arbres , à leur ruine la terresembourbant à lentour des racines. Duvent nest de mesme, car son imjîortu-nité se peut aucunement dompter par ar-tifice : cest en plongeant les racines desarbres dans leau , sur linstant quon lesmet en la fosse , par le moyen de quoi laterre sèche sattache incontinent aux ra-cines, par estre mouillées , dont sontpréservées de lesvent. Pour cela faire ai-sément, de leau sera charriée sur loeuvremesme, avec quelque petit vaisseau por-tatif , assés large par le haut, dans lequellon plongera les racines. Touchant aupoinct de la lune autre enqueste nensera faicte , que sarrcster à ce quen a jaesté dict.

Lun des plus difficiles articles de cegouvernement, est le transport des arbresdun lieu en autre , pour le danger émi-nent den esventer les racines. Par quoi sion est contraint de les envoyer cereherloin, conviendra après quils seront ar-rachés , empaqueter bien leurs racines,les couvrant avec des drappeaux pour lesconserver trois ou quatre jours, qui estle plus quon les puisse sainement gar-der : ou seroit quils fussent conduicts parbatteaux ou charrettes , avec de laterre on les accommode presques aussibien que dans un jardin : mais charriésà doz, autre moyen ny a-il que le sus-dict. Le meilleur sera , de ne garder dutout rien les arbres arrachés , ains , sifaire se peut , les replanter à mesure

quon les tire du lieu de leur origine,leur laissant attaché aux racines quel-que peu de leur mère-terre, et avec icelleles loger en la fosse pour le reste de leurvie. Telle commodité ne peut estre ail-leurs que lon aura nourri et eslevéles jeunes arbres , ou joignant icelui ,auquel lon les replantera, ainsi que très-profitablcment se pratique jrar la voie despépinières et bastardières. Aucuns, parcuriosité, marquent les arbres avant queles arracher, pour les remettre à laspectdu ciel sous lequel ils sont nés, croyansque par tel moyen est adoucie laltéra-tion quils souffrent au changement, etque, replantés sous la mesme situation deleur nourriture , se reprennent mieux ,et saggrandissent plus vigoureusementquen autre. Toutes-fois parles ordinairesexpériences recognoist - on que telle pri-meur, bien-quutile, nest pourtant né-cessaire: ne laissans les arbres de profi-ter, quand pour les renger droictementen la fosse, lon est contraint de navoirese;ard à telle observation.

Est nécessaire détester les arbres de-vant que les replanter, sans leur laisseren la fourcheure que des cliiquots longscomme les doigts : par ainsi les ventsnayans sur eux point ou peu de prinse ,leurs racines sagraferont plus aisémenten terre , et leurs rejettons saccroistrontplus vigoureusement que si on les plan-toit avec les branches. Cela sera sur terre,la hauteur dun homme de moyennetaille , pour former la naissance desbranches, le pays nestant par trop battudes vents ; auquel cas , conviendra tenirles arbres plus bas dun pied , et davan-tage , comme saccordera pour le mieux.Et soyent les arbres gros ou menus, ainsi

Faut ètesterles arbres ,quand on lesplante.

Quelle hau-teur donnerà leur tige.