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SIXIESME LIEU
L'espalierfructifie plus-toit que lesi vergers com-muns.
Se dressefacilement.
En (quellefaçon.
autres arbres. Joinct ce très-notable ar-ticle, que les fruicts paroissent clans troisans en l’espalier, après en avoir enté lesarbres , parce que n’ayans besoin que debranches pour produire des fruicts, enestans les arbres raisonnablement pour-vois , dans tel terme commencent dèslors à bien fructifier. Ce que l’on ne peutespérer dans si bref délai des autresarbres , par leur estre nécessaire d’avoirdes tiges hauts et gros pour fondementdu brancheage , lesquelles ne peuvents’accroistre et façonner qu’avec longueurde temps.
S’il y a aucune liberté au cours du jar-dinage, c’est à l’entreprinse de l’espalieroù s’en treuve le plus : car là où l’on veut,j>eut-il estre dressé , haut ou bas, et enla figure qu’on désire. Au lieu donquesoù l’aurés destiné , soit aux orées des jar-dins , soit à l’entre-deux d’iceux, divi-sant le potager d’avec le bouquetier , lemédecinal d’avec le fruictier : soit entraversant aucun desdicts jardins , parcroisades et autrement ; ou posé ailleurspour en faire des longues allées, droictes,curves, et d’autres figures , telles qu’ondésire ; seront faicts des petits fossés sem-blables à ceux où l’on plante la vigne ,profonds d’environ deux pieds (tant lesenfonceant pour la raison ci-après mar-quée), et larges à discrétion , trop ne lepouvons estre. Les fossés demeurerontouverts long temps , pour avoir loisir dese cuire ès costés et au fond, où lorsqu’on y plantera les arbres , rejettera-onquatre doigts de la meilleure terre, prinseen la superficie du lieu, et à telle causegardée à part, sur laquelle seront assisles arbres, accommodés et chaussés commedessus a esté dict. Là au cordeau , si c’est
en ligne droicte , seront les arbres équi-distaminent rengés de pied et demi l’unde l’autre : estant question de les poseren rond ou en autre ligne curve, ce serapar l’addresse de l’oeil, et par autresguides et mesures qu’on prendra selonl’art , gardant tous-jours la distance etesgalité par-enlre les arbres, susdictes.
De la grosseur des arbres du verger se-ront choisis ceux-ci, c’est à dire, de lagrosseur qu’on les plante au verger , pouradvancement d’oeuvre, car les plantanttrop minces, le plaisir de ce mesnage enseroit importunément retardé. En plan-tant les arbres, le fossé ne sera du toutrecomblé, ains y sera laissé un vuide dedemi-pied, pour donner moyen d’enterles arbres entre deux terres : où reprinsesles enteures, et leur plaie consolidée, lorsle fossé sera entièrement rempli et réuniau plan : ce qui pourra estre au bout dedeux années, à conter du plantement,et autant longuement demeureront lesfossés ouverts parle dessus. La cause deceste particularité , et le j^rofit qui en re-vient représenterai-je ci-après : pour vousdire ici qu’incontinent avoir planté vosarbres, les coupperés sur terre un piedet quart, plus ne les en fèrés ressortir :afin que tant mieux s’affermissent par ra-cines, que moins de bois leur donnerés ànourrir. Ainsi les arbres accommodés, sereprendront très-bien , faisans nouveauxjettons , sous lesquels recouppera-on letronc , lors qu’il sera question d’en enterl’arbre, si ja ne l’a esté dès la bastardière,ou de le réenter pour plus d’affranchisse-ment. Ici, sans distinction de race ne Quels arbresd’espèce, employé-on la pluspart des))™"» **1arbres domestiques, meslans ensembleceux de noiau et à pépin, sans crainte que