DU THÉÂTRE D’AGRICULTURE. 3 5 7
à ce mesnage n’estans bons, selon eux,que les lundi, jeudi et samedi. Mais letemps maistre des arts, a monstre la va-nité de telles observances : car en quelpoinct de la lune que ce soit , nouvelleou vieille, et jour de la sepmaine qu’onveut, les greffes peuvent estre cueillisavec bon espoir pour la reprinse et fruc-tification , pourveu que l’aer soit beau etserain , s’il est possible tel le choisir : àquoi seulement regardent les meilleursOui, Us ouvriers en cest art. Les endroits de‘vîrbrè. l’arbre sont bien plus observables , pourla différence qu’il y a de l’un à l’autre.Ce sera ès bouts des principales bran-ches , où nous cueillirons les greffes , ducosté du levant et midi, non d’autre as-pect : ni aussi en dedans les arbres,parmi l’embarras des branches, si ceQuand n’est à faute d’autres. Le temps en est
les cueillir -, x 1 /’ • 11 1
« co,amant propre des que les memes sont cheutesgardon. des ar (j res ^ jusqu’à ce qu’ils bourgeon-nent : dont le meilleur est, dix ou douzejours , ains que les mettre en oeuvre,devant lequel terme , sans nécessité neseront employés. Mais aussi si avés àfaire venir des greffés de lointain pays,ou que vous treuvant en lieu de bonsfruicts , desquels désirés avoir de la race,ne différés d’en tirer des greffes ( quoi-que ce soit avant la saison susdicte), dèsque le mois de Novembre sera entré : carles conserverés sains et entiers, jusqu’aupoinct qu’il les falle enter : moyennantque les gardiés dans un fossé profondd’un pied et demi, et là soyent enterrésComment du tout sans sentir nul vent ne aer. Pourte,- pour les les transporter loin, convient les enter-hln7° r “ r mer dans des barrils avec de la terre des-liée , dont ils seront remplis, et aprèsbien bouchés, afin qu’ils ne respirent au-
cunement, contre-faisant le fossé. Et à cequ’ils ne dessèchent par faute d’humeur,comme à la longue cela seroit à craindre,j>ar-fois l’on mettra de l’eau dans le bar-ril, par un trou qu’on y laissera à l’undes bouts, se fermant avec du liège , à lamanière des barrils d’anclioies. Ainsi lesgarderés sans tare, quatre ou cinq mois etdavantage, ce long terme vous donnantloisir de recouvrer des précieux fruictsde pays lointain. Se faut prendre garde,en enterrant les greffes, que ce ne soitprès des murailles, pour le doubte decertaines bestioles qui en tels endroits lesimportunent. Aussi, que le lieu ne soitaquatique , ne piaillement exposé au so-leil , en abri, parce que l’eau pourriroitles greffes : et la grande chaleur du soleiltranspassant la terre jusqu’à eux , aucommencement du printemps les feroitpousser, mesme n’estans suffisammentprofondés , qui est le plus à craindre surcest article. D’autant que les greffés nepeuvent estre incisés pour enter , s’ilsfont semblant de bourgeonner, pour àleur ruine s’enlevant l’escorce en les ma-niant; et ne peuvent reprendre qu’aveclangueur, si les sauvaigeaux n’ont la sèvepreste pour les recevoir: dont pour fairebonnes enteures , est requis avoir deuxchoses contraires à la fois, assavoir lesauvaigeau advancé, et le greff e reculé : cequi avient à cestui-là, par la patience dele laisser commencer de bouter par l’ordrede Nature, et à cestui-ci , par l’artificesusdict. Ainsi s’accordans ces choses, lesenteures s’en asseurent avec grand ad-vancement, et tel que dans peu de joursl’on les void repousser sans crainte dudessécher , comme souvent avient decelles qu’on faict inconsidérément. A telle