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SIXIESME LIEU
foncé , comme a esté dict. Oui en l’arbrejeune et tendre duquel l’escorce et celledu greffe proprement ajustées , flori-inciier le ront en dehors. Faictes que l’incision duc ° m ' greffe soit quarrée par le haut, d’uncosté et d’autre , pour joindre au dessusdu tronc de l’arbre , afin de recevoir lasève , qui des racines s’en montant enhaut, s’arreste en tel endroit par le ren-contre de la quarreure du greffe, et làcause bonne et seure reprinse. Telle in-cision en quarré s’entend estre faictesans détriment aucun , ni préjudice delàmouëlle du greffe, à laquelle ne faut tou-cher en taillant telle vuidange, ains seu-lement en oster l’escorce , et du bois, lemoins qu’on pourra. Si les greffés sontmenus, ne les vuiderés que d’un costé,laissant l’autre en coin, sans aucun en-tre-taillement, de peur de les affoiblirpar trop à leur ruine : car en telle sorteaccommodés, ne se porteront que bien.En taillant les greffes , soignés-vous dene les escorcer nullement, jrarce que ceseroit perdre temps de les insérer au sau-Manîirede. vaigeau avec l’escorce enlevée. Cela segreffe! pour préviendra , en gardant les greffés dansd’acor"r1‘ r terre à la manière ja dicte, et en les tail-lant doucement avec un coustelet, subtilet bien ti’encheant, les prenant tous-joursparle dessus del’escorce, en pressant surle bois, non au contraire. Avis qui ser-vira aussi pour coupper le sauvaigeau,duquel faut avoir semblable crainte. Cequi du greffe entre dans l’arbre, serafaçonné en coin par le bout, selon la figurede l’ouverture de la fente, dont la partieextérieure sera plus grosse que l’inté-rieure, afin que l’arbre, en se resserrant,retienne en office le greffe. En l’autreregardant l’intérieur du sauvaigeau , lais-
serés de l’escorce, si bon vous semble,pour en cela n’y avoir aucune sujection :nonplusquedefaire parfaitement joindrele greffe au sauvaigeau, en tout et partout, comme les menuisiers font leurspièces rapportées: car, par quelque petitvuide qui se rencontre entre les deux es-corces, la sève se retrayant là , commepar l’ouverture du tonneau le moust ensort, cause l’union entre le franc et lesauvaige, telle qu’on désire, ensemble semarians. Quand les greffes seront assis,l’on retirera le coin tant légèrement qu’onpourra , de peur de les desplacer, cequ’aisément se fera, empoignant d’unemain l’arbre avec les greffes, et de l’autre,arrachant le coin. Incontinent après , en- cmnir
, 1 . /» Vente pour la
duires les commissures ou lentes, pour préserver d* tgarder d’esventer l’ente , ou avec de la d “cire ou de l’argille desliée , puis y serontmises des petites escorces de saule oud’autre arbre, comme emplastres pourcouvrir les plaies, faisant tenir les es-corces des deux costés avec un ozier re-fendu , duquel l’arbre sera estroictementlié , le contenu en la partie blessée pourfermement retenir les greffes, et ce à lafaçon des ligatures des cercles des ton-neaux. Par dessus , ad-joustera-on unrempart d’argille, pour engarder l’eau,les vents, la chaleur, d’entrer dedans,l’empastant proprement, et par ce moyenen couvrir toutes les joinctures. Et afinque l’argille tienne bon, l’on l’environ-nera par le dessus et des costés, avec desescorces de saule, ou avec des drappeaux,qu’on liera à tout des oziers , autant fer-mement que la chose le requerra, faisantde l’ente comme une poupée , dont lenom est venu àl’ente. De telle torqueure,les greffes ne sur-sailliront beaucoup,
ains