DU THÉÂTRE D’AGRICULTURE.
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ains seulement d’autant que deux ou troisoeils pourront occuper de place, le restesera là justement couppé , pour tantmieux préserver l’ente de l’injure desvents, lequel tant plus vigoureusementbourgeonncra-il, que moins d’œillets luiaura-on laissé à nourrir. Aucuns ad-joustcnt de la mousse à ce rempart, pourtant mieux le fortifier contre la pluie :mais telle curiosité n’est nullement né-cessaire, veu que l’argille avec l’escorcede saule, seules, suffisent à préserver lesentes de toutes injures.
Ne vous mettés non plus en peine d’en-veloper vos entes avec de la paille longue,pour y retenir de la terre, afin de lesgarder freschement, comme aucuns font:car cela leur nuit plus que ne leur aide,en attirant sur les entes, ainsi que par unentonnoir, les eaux de la pluie , en lieude les en destourner pour les raisonsdictes. Mais pour catastrophe et closturcde l’enter, convient affermir au nouveauente , des paisseaux , pour soustenir lestendrons et brins qui viendront des gref-fes, pour pouvoir résister contre les vents,dont la violence souventes-fois les rompt :et ce sera sans nulle attente, de peur quele délayer ne rende vain vostre labeur,quand par négligence aurés obmis d’yad-jouster tels appuis. C’est la vraie fa-çon d’enter en coin ou en fente : car ,comme a esté dict, pour minces quesoyent les arbres, souffrent d’estre ainsimaniés , à chacun insérant un ou deuxLa manière reffes selon la capacité de l’arbre. Les
iVenter les 1 ï • 1 .
plus gros ar - plus gros que la jambe, ne convient du
bres ' tout ainsi manier, parce que les grefféspar trop restraints dans si fort bois , s’yestouffent : et aussi que pour la grosseurdu tronc, les greffes n’en peuvent entiè-Thêâtre d’Agriculture , Tome II.
rement recouvrir la trenche , où lespluies attirées font perdre l’arbre de pour-riture. A ces maux le remède est, delaisser dans la fente de l’arbre, y asséantles greffes , un petit coin de bois sec, le-quel engardant l’arbre de se resserrerimportunément , préservera les greffesde ruine. Et pour tant plustost consoliderla plaie du dessus, au lieu de deux greffesque communément l’on met à chacunarbre , en cest endroit, quatre seront em-ployés , en fendant l’arbre en croix. Oubien , et pour le meilleur, l’on logeradeux greffés en fente , et deux autresentre l’escorce et le bois , ou davantage,selon la capacité de l’arbre , à la manièreci-après enseignée. Par ainsi, sera satis-faict à ce dessus, au profit de l’arbre, quisetreuveramieuxde ce traictement, qu’es-tant refendu en plus que d’un endroit.
L’enter entre l’escorce etle bois, qu’on Enter en
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appelle, à petite coronne, ne différé en ron „e.autre chose de la susdicte manière, qu’aufendre de l’arbre, tout le reste leur es-tant commun : excepté qu’en l’une estnécessaire la sève de l’arbre, pour faireséparer l’escorce d’avec le bois , afin d’yloger le greffe ; et en l’autre , n’est-onrestraint en terme tant pressis, qu’on neface des entes devant que la sève paroisse.
Aussi ceste façon - là d’enter appartientproprement aux grands arbres, les petits,pour latendreur de l’escorce , ne pouvanssouffrir la séparation d’avec le bois, pourrecevoir le greffe. Pour donques enter en comment.petite coronne, pour un préallable 1 arbresera couppé en sa fourcheure , sur terrela hauteur d’un homme , pour le moins,au tronc ou ès branches , ainsi que mieuxs’accordera. Ce sera avec la cie ou avec lahache , pourveu que la trenche soit apres
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