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Tome II.
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SIXIESME LIEU

En piècerapportée.

ojo

terre jusquà deux doigts près de la cimedes greffes, après avoir le tout couvertdargille , et avec des escorces et lienssi bien accommodé et empaqueté, queleau ny puisse pénétrer. Les greffes syreprennent et accroissent si bien , quedans un coujde dannées , se rendentpropres à estre provignés selon quilest nécessaire pour senraciner. Auqueltemps, lentour de larbre est descliaussé,descouvrant les arbrisseaux jusquà len-teure. Lon les renverse en hors , les pro-venant et les fourrant dans terre, re-courbant leurs tendres troncs , commelon faictles vignes, et de mesmequelles,faisant ressortir en liaut les bouts des ar-brisseaux. Par ce moyen , lon les con-traint à faire nouvelles racines et à se fa-çonner en arbres, moyennant exquiseculture et opportun arrousement : etquaubout dautres deux ans, redescliaussés,soy ent couppés clc leur mère, et comme se-vrés, par telle séparation, deux-mesmes,sans autre aide, sachèvent de nourrir etfortifier. Auquel poinct parviendront-ilsdans autres deux années, pour estrepropres à transplanter au verger : ilsferont bonne fin avec telle propriété ,que pour jamais tous leurs rejects se treu-veront francs, par-en eux ny avoir riende sauvaige.

La manière denter en pièce rapportéea quelque correspondance avec celle àlescusson, ayant ceci de commun, quunseul oeillet suffit à faire un ente. Au tempsdenter en fente ( qui est après lhyver ),un bon oeil oubourgeon estprins du greffe il se treuve plus gros, bois et tout.Lon le couppe rondement, après est re-fendu par moitié, et la partie en laquelleest lœillet, comme pièce de marqueterie,

est appliquée sur le sauvaigeau , en lieudroict et uni, y creusant par dedans autantquil est convenable pour ly ajuster. Cequi est nécessaire destre curieusementaccommodé , faisant entre-rencontrer etentre-joindre les escorces du franc et dusauvaigeau , si justement, quil sembleles deux nestre quune seule pièce. Lescommissures sont couvertes dargille , eten suite y met-on escorces et liens, dontlon forme la torqueure, pour fuir toutelincommodité qui y sçauroit arriver, etparer lente des injures des saisons.

Par communication de nouveaux jet- Tour, oirtons les fruicts communiquent leurs di-verses qualités , dont ils sortent mestifs ,meslingés en figures , couleurs , odeurs ,saveurs. Trois ou quatre jeunes arbris-seaux plantés près à près les uns des au-tres, seront entés près de terre , par cellefaçon qui mieux vous agréera ; et à me-sureque leurs jettonssaccroistront,les as-semblerés dans un tuiau de rozeau, aprèsles avoir subtilement liés , pour , parcontrainte se nourrir, et de plusieursvergettons sen faire un seul tige , quiainsi composé, rapportera en son tempsfruict différent aux communs. Ne fautoublier dasseurer cest artifice avec desbons appuis pour le retenir ferme , à ceque les vents esbranlans louvrage, nerendent vaine telle gentillesse. Les fruictsà noiau se ployent mieux à ceci queceux à pépin : car il ne faut que semer lesnoiaux pour en venir à bout, et aprèscontraindre les jettons à saccroistre en-semble dans un tuiau de rozeau, ou àtravers dun trou de pot de terre , à tellecause estant persé par dessus , et iceluipot renversé sur les noiaux, les couvrant.

Par ainsi de tous ceux- se fera un arbre