DU THÉÂTRE D’AGRICULTURE. 3 79
après les grandes froidures, sans attendreque les sauvaigeaux poussent, à cause deleur liastiveté à bourgeonner à l’approchedu printemps. Sur eux-mesmes est leurdroict enter, mettant des greffes de fruictaigre, sur arbres le joortans doux, et aucontraire, pour les mcslinger : ce qui re-vient tous-jours à commodité , rendanspar tel moyen , des fruicts agréables à laveue et au goust. Le prunier reçoit aussile greffe du cerisier et du guinier , et cesans extravaguer : veu que ce sont tous-jours arbres defruictà noiau; mais telentement n’est de longue durée, pour lafoiblesse du sujet.
Leurcutii- La cueillète des cerises et guines sei“ C et v ,a Sc . p a j c (- t [ e j our a autre , selon le cours deleur maturité, pour les manger Irescheset confire au succre et au miel, principa-lement les agriotes , comme à ce les pluspropres. Aussi de toutes les espèces desmieux qualifiées , en sécliera-on au soleilou au four, pour servir durant l’année àl’appareil des viandes, en saulces, pastés,tai tellages (i33).
Prunier, Si le prunier estoit autant rare, commeprécieux en est le Iruict, il seroit rengéentre les choses les plus prisées des champs,suivant la maxime, que le plus désira-ble est ce dont l’on jouit le moins :mais pour son facile accroist, cest arbre-ci est acconté entre les plus communs.Autre viande que prunes , ne sont lesdattes et mirabolans, et toutes-fois pourmerveille l’on nous les apporte des paysorientaux et méridionaux; pour le respectd’aucunes poires ne pommes, telle peinen’estant pnnse. Comme les excellens vinsrendent célèbres les lieux de leurs ori-gines , ainsi en est-il des pruneaux , quidonnent nom à plusieurs endroits d’où
l’on les tire. Tout ce royaume faict casdes pruneaux de Brignole, deValebregue,de Tours , de Reims , de Sainct-Antonin,de Privas , de Sainct-Trufemus , pourleurs précieuses qualités. Et là et ail-leurs, mesmeenProvence etLanguedoc, prunet.plusieurs prunes se recueillent de diversessortes, dont les principales sont, les troisperdigones , les impériales , les deuxroyales , les dattes, de Chypre , de Jéru salem ; les deux brignons, gros et petit ;des quatre damas, blanc , noir , violet,rouge; des trois cathelanes, vertes, blan-ches , violetes ; des médecinales, des da-maisines ; par ces noms presques cogneuespar-tout. Outre lesquelles , infinies es-pèces s’en voyent différentes entr’ellesen toutes sortes. Le prunier s’édifie faci-lement , car soit devant ou après l’hyverqu’on le plante, sous les générales obser-vations , tous-jours il vient bien. Mesmefacilité treuve-on pour le respect du ter-roir , aimant toutes-fois mieux estre logéen fonds léger et humide, qu’en poi-sant et sec. Quant à l’aer , sous quelqu’il soit, néantmoins tempéré , toutessortes de prunes de moyenne bonté vien-nent bien : mais les exquises et précieusesne sont propres qu’ès climats chauds,esloignés des excessives froidures. Surlui-mesme s’ente le prunier, plus profi-tablement que sur aucun autre sujet.Convient s’advancer à faire ces entes-ci,pour les raisons dictes des abricottiers etcerisiers ; ainsi par degrés conduisantces arbres (i34).
Touchant la cueillète et garde des Leur apjnr-prunes , comme leurs qualités sont di- ‘
verses,diversement aussi les conserve-on:car aucunes sont séchées entières, sanspeller ne trenclxer, autres sont pellées
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