DU THÉÂTRE D’ AGRICULTURE.
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sont beaucoup différentes par-entr’elles ;y en ayant de plusieurs grandeurs ,figures, couleurs , et temps de meurté,dont la plus grosse est presques ronde etrouge, un jieu tardive. La brute-bonneporte le nom de sa figure mal-plaisante ,et de son goust très-bon ; elle est grosse ,meure au mois de Juillet : le caillon-ro-zale st de mesmemois, assés grosse, pres-ques ronde, de couleur verte, de goustagréable : la poire de rousselct, d’o-range, de hastiveau; la cramoisie, lac âmes sine , la jassola , lafadoche, lasabotière ; la poire de fin-or, ou depoulini , la nazardc, la bergamote ;les poires de bon-chrestien d’esté etd’hyver, la poire chat, la poire duprintemps, d’angoisse, d’amiot, demolard, de nostre-dame, de tabou,de coulis , deparmin, de sainct-rigle,de verdelet, de rozete , de renoult,de hardi, de pucelle , de calvau ,noire en dehors, non en dedans ; ris-de-lovp , vinot, milan, citron , cueur deroi, de jargonet, de franc-réal, d’a-miral, de rnessire-jan , d’angoubert,de lombardie, de bel-œil; la poiresemcntine, ainsi dicte par venir autemps des semences, de certcau, decigoigne, de dame-fane, d’espine, dedeux-lestes , de valée, d’eau-roze ;la bazilique, ou royale, la nompa-reille , la succrée, la gelée , la gen-tille , la miellée, la cuisse-dame, lafrumentelle, la joatane , l’eslranguil-lonne, la campaiiele (i3 7 ).
Voilà une grande partie des noms despoires, usités en plusieurs endroits de ceroyaume; non tous , pour l’impossibilitéde les pouvoir entièrement représenter ,aucuns desquels, mais peu, sont reco-Théâtre d’Agriculture , Tome II.
gneus d’un bout de ce royaume à l’autre,assavoir, le bon-chrestien et la berça-mote , leur exquise bonté leur ayant ac-quis réputation. Sous telle généralitésont comprinses toutes sortes de poiresde l’esté, de l’automne , de l’hyver, ainsidistinguées par saisons , afin de ne seconfondre. Mais c’est selon les climats,car il peut escheoir que des poires seronten un endroit hastives, qui en l’autre setreuveront tardives, par la faculté duciel, plus chaud ou plus froid en un lieuqu’en l’autre, ce que l’homme d’enten-dement discernera pour son utilité. Etcomme ces fruits - ci se précèdent en va-leur l’un l’autre, on remarque cela, quedes poires d’esté l’honneur est donné àla dorée : de celles de l’automne, à la ber-gamote : et de l’hyver, au bon-chrestien.
Chacune desquelles poires est néant-moins accompaignée de quelque petitnombre d’autres de mérite , pour leurprécieuse valeur. Outre icelles , s’entreuve dont la tardité les rend très-re-cominendables, arrivans non seulementjusqu’au jnintemps, ains saines , passenten l’esté, y estans mangées et crues etcuites pour les malades.
Il a esté dict que la cueillète et garde La eueii.des poires est semblable à celle despommes : à quoi l’on s’arrestera, pour F °'" s 'retirer des arbres les poires en parfaictemeurté , et ainsi que les pommes, lesserrer au grenier. Mais en ce poinct lespoires surpassent les pommes , que desouffrir toutes sortes de confire , ausuccre , au miel, au vin-cuit, et autre-ment les conserver en délicate viandepour toute l’année. Sèches, sans moyense cardent loncuement toutes sortes de
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poires, voire plusieurs années , mais
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