DU THEATRE D’ AGRICULTURE.
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l’employera donques; et pour tout-d’une-main advancer les enteures , ostera-onles rejects du pied des arbres, à ce quetoute la substance des tiges leur soit ré-servée. De chacune de ces quatre racesde fruicts, oranges , limons , citrons , li-mones ou ponciles, y en a de diversessortes , différentes par-entr’elles plustostde grandeur et goust que d’espèce : de-meurans leur forme et couleur presquestous-jours semblables. Entre les espècesd’oranger croissans en Provence , est lecornut ou bigarrât, là ainsi appellé , etfort prisé pour son facile accroist. Se Peu-vent des oranges douces, aigres, d’autresparticipantes de l’une et l’autre saveur.De mesme des limons, citrons et pon-ciles : à quoi, en entant, convient pren-dre garde, p>our se fournir des races quemieux l’on aime , et qui plus produisentau lieu auquel l’on est.
Nous avons parlé de couvrir ces pré-Us cet arbres c i eux arbres en liyver, pour les parer desdemeurât froidures: sans laquelle curiosité, ce se-
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roit peine perdue que de s’efforcer de leseslever ailleurs qu’ès parties méridionales.Cela escliéant, ainsi l’on s’y conduira :que près de la muraille dressée au lieuja marqué , les arbres soyent plantés ducosté regardant le midi, au-devant delaquelle , dix ou douze pieds loin, unreng de colomnes ou de pilastres , depierre ou de bois, sera eslevé de la hau-teur de douze à treze pieds, équidistantesde sept à liuict pieds : elles porteront unsoliveau régnant pour architrave, et iceluiavec la muraille, excédant la hauteur descolomnes de trois à quatre pieds , la cou-verture dont est question, pour conserverles arbres. Icelle couverture sera com-posée de chevrons et des aix, légèrement,
Couverturettoui Inquel-
asseurés dufroid.
pour, avec aisance, la pouvoir oster et re-mettre selon le besoin : et toutes-fois, sibien à profit, qu’elle jmisse engarder lespluies et les froidures de donner jusquesaux arbres estans à couvert sous elle. Depaille aussi la pourra-on faire, et d’autresmatières que l’on recouvrera à bon mar-ché , selon le pays , comme joncs d’es-tang et semblables brossailies.Conviendrafermer les deux bouts de ce logis , à ceque les arbres ne soyent exposés qu’à unseul aspect du ciel, assavoir , du midi :lequel logis demeurant là ouvert, les ar-bres seront eschaufifés le long du jour, yluisant le soleil dès son lever jusques à soncoucher , durant tout l’hyver : au matiny donnant en biais d’un costé, de mesmeau soir, de l’autre , et sur le jour, aumilieu, y pénétrant dedans jusqu’au fond.Encores mieux entrera le soleil sous cestecouverture , si on accommode au toictquelques lucarnes, qui facilement se puis-sent ouvrir et clorre, par où, ès bellesheures du jour, on donne entrée au soleil :lequel soulageant les arbres, leur feragaiement passer les mauvaises saisons ,estant le pays non du tout abandonné auxfroidures , pour lequel seul, ceste ma-nière de couverture est inventée. Maisès lieux septentrionaux, plus froids quechauds , convient y ad-jouster plus d’ar-tifice : c’est de fermer ce logis-ci, de touscostés universellement, aussi bien du midique d’ailleurs , en y laissant des grandesfenestres qu’on bouchera avec des vitresou des châssis de toile cirée, pour autantde temps que le soleil ne pourra serviraux arbres : demeurant cependant le lieusuffisamment esclairé. Pour lesquels ar-bres eschauffer , lors que les froidures serenforcent , est besoin leur faire du feu