SIXIESME LIEU
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tout, jusques aux mi - pourris et fleurssuperflues cliéans d’elles - mesmes. Lesfruicts parfaictement meurs sont em-ployés àl’ordinaire usage: les plus minceset menus , pour leur trop d’abondancetumbans à terre, sont enfilés pour cliaisneset ceintures : les grossets non encoresmeurs, à confire tous entiers : ce qui setreuve de bon ès mi-pourris , à estre misen subtiles rascleures , puis converti enconfiture : les fleurs , à estre distillées ,pour eaux de bonne senteur. De touteslesquelles choses, tout François tesmoi-gnera , s’il considère la grande abon-dance d’oranges , de citrons , de limons,de ponciles , qu’on transporte par toutce royaume , mesine à Paris , à grandesbatelées (147)-
rai,™ r. Ces précieux arbres seront suivis d’un
autre de leur qualité, c’est assavoir, dupalmier , produisant l’exquise prunedatte , qu’on nous envoyé de la Barbarie.Le fondement en est le noiau de la datte,semé à la manière des autres , et sous cesparticularités , que de le choisir nouveau,non de firuict longuement gardé 5 tel nevoulant sortir à l’aer : et de l’enfoncerquatre doigts dans terre, souple, des-liée , et de long temps engraissée avecdes subtils fumiers. Ce sera au mois deFévrier, en lieu regardant le midi, ayantune muraille en doz pour espaulière, luifaisant abri. L’on mettra quatre ou cinqnoiaux joincts ensemble, afin que de deuxou trois qui auront bouté, se compose letronc de l’arbrej car un seul, pour safoiblesse, ne peut satisfaire à cela. Ainsiunis et comme colés ensemble, communi-cans leurs vertus , formeront le tige dupalmier, qui s’en rendra bien asseuré.Ne le laisserés en la pépinière plus de
trois ans , ains au bout de ce terme-là , letransplanterés au lieu où l’aurés destinépour tous-jours, et là le traicterés avecsoin , selon son mérite mesine , en le pa-rant du froid par couvertures. C’est unarbre fort tardif à croistre, aussi dure-illonguement ayant une fois prins terre. Ilne fructifie qu’au bout de cent ans, selonPline et la commune opinion. Pour la-quelle tardité , néantmoins , ne laisseral’homme d’esprit d’en parer son jardin,tant pour le plaisir de voir les rameauxde cest excellent arbre, que pour l’espé-rance du fruict qu’il en laisse à ses suc-cesseurs. Il y a en la palme, masle et fe-melle , s’entr’aimans tellement, que sé-parés l’un sexe de l’autre , ne fructifientpoinct, mais assemblés portent en leurtemps abondance de dattes , plus toutes-fois la femelle que le masle. Les dattessortent des rameaux des arbres sansmoyen, c’est à dire, sans queue, commefont toutes autres prunes ; ce fruict ayantcela de particulier : et l’arbre , de n’avoiraucun brancheage, ains seulement desgrandes fueilles longues sortans directe-ment de la teste de l’arbre, eslevée surson tige , de cinq à six pieds, dont il sefaçonne grand et beau à voir. Aussi,mais par le temps, son tige vient fortgros, qui cause planter le palmier dansterre ferme , non dans des quaisses ,comme les orangers : ou ce seroit pour leseul plaisir des rameaux, sans se soucierdu fruict avenir (148).
Pour faire bonne bouche, finalement Canner, dej’ad-jousterai à ce roole, les cannes de mc, ' re 'succre, afin aussi qu’accouplées avec lesorangers et ses compaignons, le jardinsoit parfaictement ennobli, et rendu dutout magnifique. Ceste excellente plante, D’où verues.