SIXIESME LIEU
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les précédentes plantes. L’isle de Malte abonde en tel arbrisseau. S’édilie pargraine, laquelle l’on treuve dans le cot-ton que les marchands vendent par toutela France . Désire terre plus sèche qu’hu-mide, toutes-fois vigoureuse. Convient lasemer en automne. La plante monte detrois à quatre pieds sur terre. Jette despetites pommes , lesquelles s’approcliansde maturité, s’entr’ouvrent en croix àla poincte , comme la grenade, par làfaisant jour au cotton, qu’on void blan-chir le long des fentes de l’escorce. Puisestant du tout meur, on y treuve quatrepetits paquets de cotton, si bien ageancéset si fort serrés, qu’en chacun y a une poi-gnée de cotton, lequel par-après seroitimpossible de remettre en si petit lieuqu’il occupoit au-paravant, tant la Na-ture est industrieuse (i5o).
CHAPITRE XXVII.
Le général Gouvernement et Culturedes Arbres Fruïctiers.
E N vain l’on plante et ente les arbres ,si on ne se résoud à les entretenir: carcomme après avoir f’aict naistre le bestail,se faut soigner de lui donner le laict enson commencement, et après des her-bages pour le nourrir et fortifier, ainsi estde besoin, ayant fourni le verger, d’en ad-vancer les arbres par opportun labourage :afin que tost ils produisent des fruicts, etlonguement subsistent en bon estai ; nepouvans que maigrement et avec lan-gueur, faire l’un, ne parvenir aucune-ment à l’autre , si par paresse, avarice,
ou ignorance , l’on ne les traicte ainsiqu’il appartient. Par quoi, qui n’a grandeaffection à ce mesnagement, ne doit pen-ser seulement à eslever un arbre, pourle soin continuel nécessaire d’accompai-gncr celui qui souhaitte de voir sa maisonabondamment pourveue, en toutes sai-sons, de toutes sortes de bons fruicts. Le Quelleslabourer à la charrue, ou le houer à la “fTdnf-main, et le fumer, sont le vrai traicte- ffff'ment du fonds des fruictiers : lesquelsdeschargés du superflu brancheage, lecouppant à propos et à temps, ne peuventfaillir à rapporter contentement. De l’es-brancher des arbres est sorti cest an-tique proverbe, selon Colwnelle, par-lant des oliviers, que qui les laboure ,les prie de porter : qui les fume, lessupplie : et qui les esbranche , les con-traint. L’arrousement venant par dessus,et opportunément distribué, est ce quioste aux arbres toute excuse de fructifier.
Car souvent il avient que la sécheresseintervenant, ravit toute l’espérance dulaboureur , pour bien et curieusementqu’il aie préparé et la terre et les arbres :mais où il y a de l’eau, et donnée à pro-pos , ne peut-on craindre telle perte, leciel estant favorable (i5i).
C’est un article de beauté utile, que Faut unir
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de tenir le verger rempli d arbres , ne P upouvant estre que difforme, défaillant ennombre : ne fructueux, n’estant fournide plantes requises. Joinct qu’autantcouste de labourer le parterre, mal, quebien meublé. Donques ayant planté leverger , tascherés par bon traictement àfaire vivre les arbres, à ce que, s’il est pos-sible , aucun ne défaille : remarquantsoigneusementles plantes qui n’ont vouluse reprendre ; ou qui estans reprinses,