4i8
SIXIESME LIEU
Vertu deV«tester desarbtes.
Mesme re-mède j ser-vant à con-traires ma-ladies des ar-bres .
minces et mal fondés : qui ne pouvanssupporter la charge de la rameure, eticelle la violence des vents, ayans grandeprinse sur elle, les arbres entiers en sontfacilement renversés à terre. A cela l’u-nique remède est de couppcr la teste del’arbre qu’ainsi l’on void tenir le cheminde sa ruine, et ce entièrement et ronde-ment, comme à un saule, en y laissantdes chicots longs de demi pied, plus oumoins , sur lesquels l’arbre rejettant denouveau, en augmentera ses racines, lesallongera, prendra terre, et s’y aflermis-sant, renforcera son tronc, et dans peud’années refaçonnera son ramage plusbeau que devant. Touchant les vieux,par le mesrae ordre on les renouvellera ,dont deschargés de leur fardeau , fontnouvelles branches , et par ce moyen , seremettent très-bien ; servant mesure re-mède à contraires maladies des arbres, àréprimer la jeunesse des uns , et à sup-porter la vieillesse des autres. Mais c’està la charge de les eslaguer l’année d’a-près , ostant les rejects superflus dontabondent tous arbres étestés de nouveau:car les y laissant tous, ce seroit opprimerl’arbre par sur-charge , lui ostant, et lagrâce , et le moyen de bien fructifier.Ainsi vos fruictiers tenus nettement, paresmunder, eslaguer et étester ( ces re-mèdes employés selon les occurences),se conserveront très-bien , avec requisebien-séance. Auquel mesnage vous-vousaffeclionnerés d’autant plus , que plusverrés de bons fruicts sur les arbres con-duicts par cest ordre , qu’ès autres acca-blés sous le fardeau de leur vieil ramage :lesquels ne pouvans fournir à tant denourriture , ne rapportent fruicts quemal qualifiés, et encores en petite quan-
tité. Avec ceste distinction ouvrerés ici,que de n’étester beaucoup d’arbres à lafois, bien-que nécessaire, ains en pren-drés quelque petit nombre chacun an,afin de ne vous priver, tout à coup, degrande abondance de fruict, de la fauteduquel, par tel ordre , ne vous sçauriésrecognoistre. Tout-d’une-main serontréentés les arbres qu’étesterés , vieux etjeunes, afin qu’avec le renouvellementde leurs branches , le fruict s’en affran-chisse davantage. Et encores que le fruicten soit bon , meilleur se rendra-il quandmesme ce ne seroit que d’y remettre deleurs propres greffes, comme ailleurs aimonstré l’efficace de telle curiosité. Maisce dernier réentement vise là première-ment , qu’eschéant d’avoir dans vostreverger quelques arbres, dont le fruict nevous agrée de tous poincts : ou qu’ayéstrop grand nombre d’arbres d’une mesmesorte , quoi-que bonne , par ce moyenles augmenteras, diversifierés, et chan-geras à vostre plaisir. Et ne doublés quecela recule aucunement vos arbres, carles jettons , de nouveau réaffranchis, s’enaggrandiront aussi tost : voire et plus vi-goureusement repousseront-ils , que pro-cédans directement de l’arbre. Tout leretardement qu’y pourroit avenir, c’estde l’attente des nouveaux jects , pour suriceux enter en fente l’année d’après, sitant voulés attendre. Car si désirés d’en-ter en petite coronne, le pourrés faire àmesure de l’étestement : ainsi qu’a estéreprésenté. Ou bien , en canon ou escus-son , dans le mois de Mai, ou celui deJuin ensuivant, sur les premiers jettonsque les arbres feront : dont sans nulle at-tente , vos arbres étestés, se revestirontde ramage réafïfanchi en perfection. Ce
Commentemployer Vé-tester.
Rèenter lesvieux arbres tet son utilité .