DU THEATRE D’AGRICULTURE.
Eihguer, mort et rompu : eslaguer, les branchesinutiles et nuisantes croissans en mauvaisendroit, empeschans la grâce de l’arbre :
Èuiter. étester , coupper généralement toutes lesbranches pour faire reprendre nouvellevigueur à l’arbre, et comme nouveaumesnage, lors qu’on le void succomber.Tous-jours avec instrumens bien tren-cheans taillera-on les arbres, tant ron-dement qu’on pourra , sans en rien escla-ter ni escorcer, faisant la trenche fortunie et pendante d’un costé, pourrejetterles eaux de la pluie. Le temps en estaprès l’hyver, lors que les arbres sont ensève, afin que par icelle la plaie de lacouppe soit tost recouverte : ce qu’on nepourrait espérer, prenant les arbres en-cores endormis, comme plusieurs igno-rans font, ce que je redis pour l’impor-tance de ce mesnage. Car les taillant enhyver, avant qu’ils facent semblant depousser, la trenche se sèche en se noir-cissant , sans se pouvoir jamais recou-vrir , ou bien à tard, souventes-fois à laruine de l’arbre. Mais par le contraire ,l’humeur de la sève se treuvant jneste,secourt subitement la plaie, quand ou lafaict au temps nouveau ; chose qui sepreuve par l’expérience , et bien appa-remment par les entes faicts à l’escusson,qui faillent à se reprendre, desquels entrès-peu de temps la cicatrice de l’inci-sion faicte au sauvaigeau , est très-bienconsolidée par la sève intervenant là-
En quel dessus. Dans le mois de Mars cela se
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pourra commencer, sans aucun regarderde lune, et continuer jusqu’à la fin deMai ; et en somme , tant que la sève vousaccompaignera : cessant lors, que la sèvetarira par trop de chaleur. Et si on désirede se servir en hyver du bois des vieuxThéâtre clAgriculture , Tome II.
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fruictiers, l’on lesétestera en Octobre ouNovembre, à la charge, toutes-fois, delaisser aux branches des longs chicots pourles retailler plus bas en endroit vif au re-nouveau , pour les raisons dictes. Tousarbres veulent estre esmundés et esla-gués chacun an, les deschargeant, pre-mièrement , de tout bois mort ; puis desbrancliètes superflues; en suite, leur roi-gnant les cimes desexcédantes les autres ; tout ce qui fon-droie et recourbe en bas, couppant ce quis’accroche et entortille par dedans l’arbre,et en somme , tout ce qui lui oste sagrâce et le difforme : afin que façonnéainsi qu’il appartient, il s’en représentebeau à la veue , et desvelopé d’empes-chement, puisse gaiement fructifier. Sou-ventes-fois, par dedans l’arbre s’accroistune ou deux branches plus fertilementque les autres , qui engloutissent toutel’amour de l’arbre, comme à cela par des-sus tous, sont sujets les oliviers et pru-niers. Telles branches seront entièrementcouppées, dès qu’on les descouvrira, depeur que ne remédiant à temps à ce mal,l’arbre ne s’en anéantisse à la longue.Aussi toutes autres branches malplai-santes et importunes, dont l’arbre esla-gué , demeurera à délivre , pour , aveclustre, tenir tous-jours au verger rengplaisant et profitable. Quant àl’étester,on ne sçauroit dire quels sont les arbresen avoir plus de besoin, les vieux ou lesnouveaux. Le plus souvent ceux-ci péris-sent par trop abondante humeur ( commeles hommes sont sujets à se perdre partrop grande prospérité), causant plusieursrameaux aux arbres, se jettans en haut,lesquels attirans à eux toute la substancedes racines , les troncs en demeurent
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principales branches
Communnaturel dc\arbres.
Ceci est àremarquer .