SIXIESME LIEU
"Les vers,
Et
les fourmis,
420
s’il n’y use de diligence, les prenant dèsaussi tost qu’elles seront escloses ( ce quisera alors assés facile, lestreuvant encoresassemblées), et leur donnant loisir de s’es-carter par-après, ne leroit que perdresa peine de cuider les attraper. Aucuns,avec du filé, pendent dans l’arbre, en di-vers endroits , des escrevisses , vifs ; oùmourans et se pourrissans, rendent odeurtant puante et contraire aux chenilles,qu’elles en tumbent mortes à terre. Au-tres , aspergent dessus les branches del’arbre , de l’eau en laquelle l’on aurafaict mourir et pourrir des escrevisses :desquels remèdes avec peu de fiais pour-ra-on faire l’expérience (i 56 ).
Les vers se fourrent dans le bois desarbres, et ès troncs et ès branches , entrel’escorce et le bois, plus fréquemmenttoutes-fois ès pommiers qu’ès autres fruic-tiers : et ce à leur extreme ruine, si debonne heure n’y est remédié. Cognois-sant le mal par l’enfleure de l’escorce, etcertaine liqueur distillante de tel endroit,là incisera-011 l’escorce, et du bois seraosté tout ce qu’on y treuvera de pourri,le couppant jusqu’au vif : et après avoirtué la beste, et faict vuider son venim ,pour consolider la plaie, seramis sur icelleun emplastre composé de fumier frès,de beuf ou de pourceau, de la chauxneufve, et de la sauge, l’y attachant avecdu linge et des oziers, pour y demeurertant qu’il y pourra tenir, et jusqu’à ceque l’incision soit réparée.
Si les fourmis tourmentent l’arbre, ne' faut qu’en le secouant les abbattre à terre :et pour les engarder de remonter, oindrésdu tronc de l’arbre quatre doigts sur terre,demi pied de large comme un cercle, avecde l’huile d’olive, ou de nois, et pardessus
saupoudi’erés de poussière de charbon, dequel bois que ce soit, laquelle s’attachantà l’huile , arrestera tout court le passagedes fourmis, si que demeurans en bas ,ne pourront nuire, ni aux tendrons desarbres , ni à ses fruicts. Mais si désirésles chasser du tout des arbres , par lemoyen de la suie de cheminée, de lacendre , du charbon , de la cieure dechesne , ensemble ou séparés, mises aupied de l’arbre , en viendrés à bout, endeschaussant un peu l’arbre : car quelleque soit de telles matières , tue, ou chasseles fourmis au loin, mesme à la premièrepluie tumbant dessus : au défaut de la-quelle suppléera l’arrousement (157).
Outre lesquelles nuisances , la mousse o*er 1 „surprend quelques-fois les arbres , avec **semblable incommodité que la gale lesenfans. Pour les guérir de telle maladie,la patience d’oster la mousse en fera laraison : ce dont on viendra facilement àbout sans offencer l’arbre en son escorce,en abbattant la mousse avec un Cousteaurabbattu , non trencheant 5 ou , et avecmoins de danger de blesser l’escorce, avecune pièce de bois fort et solide, à ce apro-priée. Sur quoi intervenant l’étester, for-tifiera tellement le remède, que l’arbres’en renouvellera ; parce que la vigueurqui saouloit estre employée à la nourritureet du tronc et des branches, donnée auseul tronc, par son abondance, expulserad’icelui toute langueur, le faisantrejetterplus copieusement que devant : si quereprenant nouvelle force, se représenteracomme planté de nouveau (i 58 ).
Quelques-fois avient que par excessive Deschargerfertilité les arbres succombent, et sontopprimés sous le fardeau des fruicts ac- ° 10,1 u,Uui 'creus en trop grande abondance j dont