DU THEATRE D’AGRICULTURE.
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eux-mesmes demeurent languis et de peude mérite. A cela sera remédié, premiè-rement , en mettant des bons appuis sousles branches des arbres pour les garderd’esclater et rompre ; après , en deschar-geant l’arbre d’une partie des fruicts , lamoins valeureuse , n’y laissant que cequ’il vous semblera l’arbre pouvoir ache-ver de nourrir à l’aise. Pour cela commo-dément faire,estans les fruicts ja fortifiés,l’on escourra et esbranlera l’arbre assezrudement, dont cherront les fruicts, etsur-abondans, vermoulus, et langoureux,restans les autres mieux qualifiés pour semeurir en perfection avec le soulagementde l’arbre.
Ls déliasser. Le deslasser de l’arbre , est le der-nier article de son gouvernement, au-tant nécessaire, comme l’on désire conti-nuation de bons fruicts. Après avoircueilli le fruict, l’arbre sera esmundé ,lui ostant tout le cassé et rompu, et de lacime des branches , tout ce qui s’esgareen haut , et fond en bas pendant versterre : par ce moyen , l’arbre deschargéde fardeau , par nouvelle vigueur rejet-tera incontinent, employant ce peu d’estéqui lui reste , pour faire nouveaux jet-tons , lesquels , par telle contrainte, ilposera en bon endroit, dont il se répa-rera et fournira , pour la bien-séance etfructification de l’avenir ( 1 5p).
Près des vergers , dans l’enceinte desjardinages, ou parmi les fruictiers, ainsiqu’a esté dict, sera mis le safïran : simieux on n’aime faire des saffranièresentières, comme se faict en plusieurspays, mesine en Albigeois, où tel fruicttient reng entre les plus clairs revenusde la contrée. La terre que le safïran Queiuser ™désire, est la moyenne en fertilité , plus “IffZ?"*poisante et forte , que légère et foible :l’aer exposé au soleil et tempéré ; tou-tes - fois vient - il bien en climat froid ,comme en Alemagne et en Hongrie . Dutemps de Colurnelle , le safïran estoit u; r . 9l ch ..j,rare à Rome , selon qu’on le tire de sondiscours. Le saffran s’engeance par sesoignonets , les fourrant en terre quatredoigts, et aillant esloignés l’un de l’autrepar lignes droictes, équidistantes peumoins de demi pied, en terre curieuse-ment espierrée, profitablement labourée,et grassement fumée dès devant l’hyver.
Deux saisons y a-il pour semer le saffran,en Mai et Septembre, tous-jours en de-cours de lune. Celui du mois de Maicommencera à jetter du fruict au com-mencement de l’automne : et l’autre avec,mais en petite quantité , seulement quel-ques fleurs produira-il pour monstre desa bonne volonté. Après l’avoir semé,convient le couvrir avec des légers ra-mages, comme brins de bouis, fueillars,buissons et semblables matières , afin delui parer la chaleur du soleil, que lors il