DU THEATRE D’AGRICULTURE.
420
Ln cueimu en sont cueillies à la main , les couppant.du gans at . rac l ier ? e t cl’icelles incontinent le
poil est retiré avec les doigts sans autremystère. Lequel saffran aussi tost est missécher au soleil, sur des papiers et lingesblancs et nets, puis serré dans des boistes,après l’avoir oinct avec de l’huile d’olive,l’en frottant légèrement entre les mains,pour lui augmenter la couleur: finalementest gardé en lieu tempéré, non humideni esventé. Geste cueillète dure quelquessepmaines, reflorissant la saffranière dejour à autre, jusqu’à avoir parfaict sonport. Donnant telle tardité , loisir decommodément retirer le revenu de cenresnage : ce qu’on 11e pourvoit faire sansperte , si on estoit contraint de le prendreà la fois, comme la pluspart des autresbiens de la terre : attendu le naturel desfleurs du saffran , sujettes à pourriturepour peu qu’on les garde.
Combien Ainsi gouvernée, la saffranière durera/“amère ^ en f Jon estât, quatre ou cinq ans, quelquepeu davantage , selon la propriété deslieux, au bout duquel temps elle com-mencera à descheoir, pour l’accroist etmultiplication de ses oignonets : dontévitant sa ruine , qui par telle presseaviendroit, en faut venir au renouvelle! - .Ce qu’on faict en desrompant universel-lement et profondément le fonds , pourd’icelui tirer la semence du saffran con-tenue en ses oignonets , desquels serafaicte nouvelle saffranière comme dessus.Et à ce que sans interruption ayés tous-jours du saffran à suffisance, diviserés lelieu destiné en saffranière en quatre oucinq portions, pour l’une estre des-en-saffianée,lors que l’autre s’ensaffranera,faisant ainsi, chacun an, sans interrup-tion : par lequel ordre, en mesme estât
demeurera continuellement vostre saf-franière.
La facilité du recouvrement de la se-mence du saffran, le non-cultiver de lasaffranière, son continuel port sans semerchacun an , authorisent fort ce mesnaae.Et ce aussi que le saffran se recueille àune seule venue dans peu de jours , pargens de petit prix, femmes et enfans , yemployons et jour et nuict, le bon et lemauvais temps , dehors et dedans lamaison. Commodité qu’on ne treuve,ni au blé , ni au vin , lesquels avantqu’arriver dans les greniers et caves, du-rant plusieurs bons jours , passent pardiverses mains , la pluspart hommes degrand prix. Dont le revenu du saffrans’en rend plus net, et partant très-re-cercheable (160).
CHAPITRE XXIX.
Chanvre , Lin , Guesde ou JP as telCarence , Gaude , Chardon - à-draps , liozeaux.
Jus que s ici avons-nous travaillé à re-couvrer les principaux alimens néces-saires pour nourrir l’homme: maintenantce sera pour les destinés à le vestir et ser-vir. Et d’autant qu’il semble que les plusimportans sont les chanvres et les lins,desquels continuellement, et sain et ma-lade, voire et vif et mort, il est servi, cesera par là que je commencerai.
La terre pour le chanvre sera choisie ctumm,grasse, fertile , et aisée à labourer , sous Ta'^t “prLaer tempéré : laquelle cultivée dès l’au- pre 'tomne , par les gelées de l’hyver, se ren-