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SIXIESME LIEU
Où croist
la pastel ,avec projit.
ConvienteffueiUer lepastel y pouren tirer lerapport : enQuel poinct.
Comme sontaprès rrtesna -gàes ses Jueil.Us.
ageancé, par la faveur (lu beau temps,avec les pluies de la saison , se lève tostet sort de terre s’en montant en tige.Pline met le pastel au nombre des laic-tues sauvaiges , bien-que ses lueilles res-semblent au plantain. La Calabre , l’Ita lie , principalement laMarque d’Ancône,abondent en guesde. Il y en a aussi encertains endroits d’Alemagne, mesureau terroir d’Erpliord : mais de par deçà,en tout ce royaume ne vient bon , qu’enl’Auragois, comme les réitérées expé-riences de jdusieurs bons mesnagers lefont croire. Lesquels s’estans efforcésd’eslever ceste plante en divers endroits,avec soin et observations requises, duterroir, delà culture,et du maniement del’berbe, ont treuvé le pastel en prove-nant , si foible et petit, que comme vinde peu de valeur , ne sert presques derien en tainture, but de son service. Sique la despence surpassant le gain, faictlaisser le maniement de ceste riche herbeà l’Auragois , sa naturelle terre, ailleursdu royaume n’estant eslevée que parcui'iosité , et espérance de s’en servir enmédecine.
Le revenu du pastel consiste en sonherbe, qu’on recueille à plusieurs ve-nues , selon l’ordre de leur maturité.Quand on s’apperçoit que les fueiliescommencent à prendre couleur ès bords,sans attendre davantage, tant pour craintede la laisser trop meurir, que pour neretarder la cueillète subséquente , on lesarrache du tige, puis sont portées à l’om-bre , pour s’y emmatir. Quatre ou cinqfois durant l’esté , ainsi est effueillé lepastel à mesure qu’il rejette. Finalement,les fueilies emmaties, sont escaclxées sousles meules tournantes en moulins à ce
apropriés , et converties en pelotes entreles mains ; lesquelles pelotes séchées ausoleil, de là sont transportées au grenierposé en lieu frès, pour y estre gardéesjusqu’à la vente. Le pastel craint l’es-chaufïer en son commencement, à causede la grande humidité restante dans lespelotes. A ce danger est remédié , enremuant souvent les pelotes d’un lieu enautre, afin qu’en les esvcntant, toutel’humeur nuisible s’exhale : et y retour-ne-on si souvent , qu’on n’aie plus àdoubter de ce coslé-là. Ainsi accoustré, lepastel est rendu propre à ce en quoi il estdestiné , assavoir, en diverses tainturesde draps à laine. Naturellement , sansmoyen , le pastel faict la couleur bleue ,et par meslinge avec d’autres drogues, lanoire , la tanée , la violete , la grise , laverte : en somme, il est employé à toutescouleurs obscures, de lui-mesme aussiseul, en causant des claires, comme cé-lestes plus ou moins chargées. Et ce quiest notable , rend toutes les couleurs es-quelles il est employé , bonnes et asseu-rées, sans nul fard. Pour laquelle cause ,en telle réputation est le pastel parmi lestainturiersde draps à laine, comme pres-ques le blé entre les mesnagers, d’autantqu’ils ne se peuvent passer de telle drogue.Lepastel en ouvrant jette certaine escumebleue, laquelle par inavertance ou pa-resse laissée dans la cuve , tache et ma-cule les draps : ce que craignans les tain-turiers, curieusement l’en retirent : puisséchée , est convertie en poudre, qu’onappelle , Jlorée, servant à certainestaintures de soye. Aussi les peintres em-ployent la florée en une couleur violetepar eux nommée, inde ; ainsi void-onque ce qui nuit en un endroit, aide en
A quoi et$bon lepastel.
Florée.