DU THÉÂTRE D’AGRICULTURE. 431
croissent bien : mais mal propres au ser-vice où ils sont destinés, pour la foi-blesse de ses crochets car la terre aqua-tique les produit mois et lasches , au lieude durs et roides qu’on les désire, telssortans de lieu sec. Mais d’autant qu’enterre trop aride , ceste plante n’advancebeaucoup , y languissant par faute denourriture , est requis l’arrouser ès ex-trêmes chaleurs : avec toutes-fois réten-tion, de peur que trop d’eau croupissantene la pourrisse, ou du moins la jamben’en sorte creuse, partant foible. Au con-traire de celle croissant en lieu plus secqu’humide , qui remplie de mouëlle, estforte comme l’on désire. On sème le char-don au commencement du printemps ,sur terre bien préparée , à la main et auChois de sa fumier, dès devant l’hyver. Sa meilleuregraine est celle qui croist à la suminitédes chardons , car estant là mieux nour-rie qu’ailleurs , aussi mieux qu’autreCuijuredu fructifie-elle. Se faut soigner, estans leschardons levés de terre , de les sarclercurieusement, à ce qu’aucune herbe nese fourre à la chardonnière. Les rejettonsinutiles des chardons , qu’aiséinent l’onrecognoist à la veue , seront aussi ostés,pour laisser aux bons toute la substancedu fonds , lequel sera serfoué toutes lesfois qu’on s’appercevra en avoir besoin,et que la nécessité le requerra , pour letenir en guerest. De la première année ,les chardons ne produiront que bien peude testes, encores de peu de valeur ; ainsce sera à la seconde qu’ils commencerontà bien faire : à la charge toutes-fois deles remuer du séminaire , les transplan-tant ailleurs comme si c’estoient petitsraiforts, en terre profondément bescliée,au mois de Mars ensuivant, la lune estant
en decours. Un pied loin l’un de l’autreon les asserra , pour tant mieux estre àleur aise : après conviendra les cultiverà la main et arrouser opportunément etmodérément, comme a esté dict. Les sarécoUc.bonnes testes de chardon croistront hau-tement tost après , et seront prestes àcueillir lors qu’elles commenceront àexpulser leur fleur , qui pourra estre versle mois de Juillet ou d’Aoust, selon leclimat advancé ou retardé. On leur lais-sera longue queue , pour la commoditédu service : et freschement cueillis , l’onles entassera en monceau les uns sur lesautres -, afin qu’en s’eschauffant, chan-gent leur couleur verte en jaune. Puisretirés de là , mis en trousseaux, serontgardés suspendus en lieu sec , moyen-nement esventé , attendant leur vente.
Les marchands qui les acheptent, les as-sortissent pour divers ouvrages de drap-perie et bonneterie, où ils les employent.
Les pieds des chardons transplantés, de-meurent en terre un couple d’années , àchacune desquelles convient les tailler ,comme la vigne , en leur ostant le su-perflu plus ou moins, selon les plantes ,ainsi qu’on verra à faire. A cause de tellepetite durée , est nécessaire, chacun an,semer et transplanter des chardons , enles gouvernant comme dessus, si on désireleur cueillète marcher, ainsi qu’il appar-tient, sans destrac.
De plusieurs autres matières servans à Lela tainture , à préparer draps à laine et b ° nmei ""s' r
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à soye, à tanner et affaiter cuirs, et sem- ,ouu>niables services, s accommodera le dili- «««■«.gent mesnager , selon son lieu et naturelde sa terre : à laquelle il fera rapportertout ce qu’il cognoistra estre faisable etprofitable sans rien obmettre : faisant son