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SIXIESME LIEU
gist la maistrise de telles liayes : mais parsus toutes saisons, la faict beau voir en laprimevère , lors qu’elle est chargée defleurs. Qui donques désirera de se servirde bayes, le pourra faire en tous endroitsde sa terre , pourveu qu’elle soit bonneet fertile, car en maigre et légère, lesbuissons ne viennent qu’en langueur ,partant en cest endroit inutiles. Supposéque de toutes sortes de buissons et deronces se puissent composer des liayes,néantmoins, les plus utiles plantes en cestAuburn, oeuvre, sont les aubespins blancs , ou es-pine blanche, pour leur force et roideur,dont les jettons se rendent très-piquans ;abondent aussi en rameure, et sont delongue vie. On plantera les aubespins autemps des arbres fruictiers, en rayon ou-vert comme la vigne, un pied de profond,et autant de distance l’un de l’autre, aprèsl’on les couppera sur terre quelques troisdoigts. Le plant sera chevelu (débranchéne se reprenant), et choisi de la grosseurdu poulce. Au bout de deux ans , l’on lesretaillera, afin de les faire renforcer dupied , pour rejetter vigoureusement. Ceretailiement se fera en leur couppant tousles nouveaux jettons , hor-mis quelquesdeux doigts qu’on leur laissera, à ce quesur ce tendre bois, ils repoussent plus fa-cilement qu’estans les rejects contraintssortir du tronc de l’arbre et bois endurci.Le mois de Mars est la saison de ce coup-per: et l’automne en suivant, de conduireles nouveaux jettons que les aubespinsauront faicts , pour les faire entre-lierensemble : lesquels à mesure de leur ac-croissement , l’on recourbe et replie descostés en les faisant entre-brasser, ainsis’unissans si bien par-entr’eux , que deplusieurs plantes s’en faict comme une
muraille. Et à ce que cela se face du toutbien pour donner force à la baye, les jet-tons qui s’escartent du reng dedans oudehors le jardin , seront rondement coup-pés, et aussi ceux qui s’en montent trophautement, roignant la baye à la mesureque lui aurés donnée, pour ne passer seslimites, sur-saillant en haut. Ainsi laliaye maintenant sa bien-séance , et debas et de haut, et comme muraille unie,n’aura nul trou par lequel aucune bestenuisible passe, jusques aux poulailles ,qu’elle arrestera à faict. Tous les ans l’on z„
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couppera quelque chose a la liaye, et en- a ub«pim.tortillera-on des jettons à ce propres , èsendroits nécessaires pour la conserver enbon estât : mesrae ne faudra-on de laroigner chacun an , par le haut, univer-sellement , à la mesure prinse touchantla hauteur , comme a esté dict, afin del’arrester là, et par mesme moyen con-traindre les buissons se fortifians , à rem-plir les vuides du bas, pour la faire de-meurer au poinct que la désirés. A celaaidera beaucoup le marrer un couple defois l’année , et le fumer aussi, qu’on nelui espargnera, cas estant que la légèretédu fonds ne donne assés de force aux au-bespins. Est nécessaire de préserver lesaubespins de la morsure des bestes, surtout en leur commencement : sans lequelsoin, ne pourroient-ils fournir à la liaye,par se rabougrir, mesme du tout fles-trir, estans rongés en leur jeunesse. Parle moyen d’une baye morte faicte auprèsde la vifve, on préservera les aubespinsde ces dangers, laquelle l’on leur entre-tiendra quatre ou cinq ans, et en sommeautant longuement qu’on verra par effectn’avoir besoin de contre-défence (169).
Aucuns pour faire des liayes employent