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SIXIESME LIEU
Fossés.
arbres au dessus, si ainsi l’on le désire.Et à ce que l’œuvre ne se confonde, estnécessaire tenir curieusement nets lestroncs, sans souffrir aucuns rejects y pren-dre place. A mesure de l’cngrossissementdes arbres, les trous ou vuides des lo-zanges s’appetisseront : ce que prévoyantdès le commencement, sera prins avis làdessus comme il vous viendra à gré : avecceste asseurance, qu’estans les arbresplantés fort près l’un de l’autre , à lalongue s’entre - joindront entièrement ,fèrmans tous leurs vuides en s’accroissans.
Les fossés pour cloison ne peuvent ser-vir que bien larges et profonds , la choseparlant d’elle-mesme. Huict ou neuf piedsd’ouverture, et six ou sept d’enfoncementest leur droicte mesure, à moindre n’es-tans de la valeur requise pour ces cloi-sons. En platte campagne et lieu hu-mide , sont convenablement employésles fossés , où ils servent aussi à vuiderles eaux importunes, non en pays mon-taigneux, comme il a esté dict. Ils seront
creusés en talussant, les faisant pendredes deux costés , afin que la terre ne s’es-boule par les pluies et gelées, comme elleferoit, si les fossés estoient taillés à fondde cuve et droicte pente. Par ce moyense rendront les fossés j>lus estroicts parlebas que par le haut; mais n’importe,n’eslans pour cela de moindre service.Comment qu’on les face , convient lestenir nets et curés, leur ostant chacun an,quelque chose: voire se faut résoudre là,que de les refaire presqu’à neuf de quatreen quatre, ou de cinq en cinq ans, sanslaquelle diligence, vos fossés à la longuese recombleroient, telle sujection les ac-compaignant. Si ès murailles, pallissadeset hayes sont ad-joustés les fossés en de-hors , sans avoir égard ni à l’occupationde la terre ni à la despence de l’œuvre, etles fossés remplis d’eau, ce sera pourrendre du tout magnifiques telles cloisons,selon leur ordre et différence de leur ser-vice, se surpassant l’une et l’autre, commeil a esté monstré (172).