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SIX1ESME LIEU
parties les plus méridionales : dans toutes lesautres , ces opérations doivent être faites auprintemps , de Ventôse en Floréal (de Mars enMai) , suivant le lieu et la saison.
La multiplication par les semences , négligéetant qu’on ne manque pas d’oeilletons , devientintéressante dans les années où presque tous lesplants ont péri par la rigueur du froid. Obligéd’y recourir, on pourra obtenir du fruit dès l’an-née même, par la méthode suivante: En Pluviôse(Février) on sèmera la graine d’artichaux dansde très-petits pots , à raison de deux ou troisgrains dans chaque ; ces pots seront enterrésdans une couche et abrités sous un châssis , ou ,à défaut, sous des cloches. La graine levée , etles jeunes plants développés , on ne laissera sub-sister dans chaque pot que le pied le plus vi-goureux ; on donnera graduellement de l’airaux châssis ou cloches, toutes les fois que letemps le permettra , pour fortifier les jeunesplantes , et les préserver de l’étiolement. EnVentôse ou Germinal (Mars ou Avril) suivant,elles seront bonnes à mettre en place, ce qui seiera dans une terre bien amendée et préparée ,et en les plantant avec toute leur motte, autantque possible. En continuant de leur donner tousles soins qu’exige une nouvelle plantation d’ar-tichaux, on sera assuré que la plupart des piedsporteront fruit en automne. Si on ne tient pasà s’avancer ainsi , on traitera le semis d’arti-chaux comme on fait ceux de cardon. (Voyez cetarticle dans la note suivante.)
Une des objections contre les semis d’arti-chaux , c’est que très-souvent les plants qui enproviennent sont dégénérés ; cela a lieu , eneffet, pour les semis faits avec la graine des pe-tits artichauxdu midi ; mais quand on peut ob-tenir de celle du gros artichaux de Paris , lerésultat est tout différent : un jiareil semis pro-duit de très-beaux et bons fruits, et presqu’au-cun des pieds qui en proviennent ne dégénère.Le malheur est qu’il soit si difficile d’obtenir decette semence ; on est quelquefois plusieurs an-nées sans en récolter , et on n’y parvient qu’avecdes soins et à la faveur d’un été extrêmementchaud. Comme les petites variétés du midi, aucontraire , grainent assez facilement, c’est decelles-là que l’on sème presque toujours , et
c’est ainsi que les semis d’artichaux sont en dis-crédit.
Avant de couvrir les artichaux, pour les ga-rantir de la gelée, il est bon de butter chaquepied de seize à vingt-deux centimètres ( six àhuit pouces) de terre , autour desquels on dis-pose ensuite son fumier : les feuilles sont pré-férables à ce dernier , quand on peut les y subs-tituer. Dans ce cas, on termine la couverturepar une espèce de chapiteau ou de calotte engrand fumier , qui recouvre le tout.
On sait qu’il y a plusieurs variétés d’arti-chaux. Celle dite de Laon , qui est la mêmeque l’on cultive dans les environs de Paris , esttrès-grosse , et généralement préférée. Les arti-chaux du midi, plus petits , ont plus de goût àce qu’on assure. Parmi ceux-ci, les violets sontles plus estimés pour la poivrade. (U.)
(19) Pour avoir de beaux cardons , au lieu de Fagc fles cultiver trois ensemble, comme le conseille
, , butta XJ.
l’auteur , il faut n’en laisser qu un a chaqueplace, et encore que ces places soient plutôt es-pacées d’un mètre ( trois pieds) que de soixante-six centimètres (deux pieds). On sèmera tou-jours , cependant , deux ou trois grains partrou ; mais après la levée on ne laissera subsisterque le plus beau pied. Comme les semis de celégume sont souvent exposés aux ravages du verblanc ou ver du hanneton, et de la courtillière ,il est bon de se procurer de quoi regarnir, enfaisant un semis supplémentaire dans de petitspots : les pieds élevés ainsi, mis en place aubesoin , avec toute leur motte, remplacent ceuxqui ont péri, sans qu’il y ait aucune inégalitédans le plant.
La manière de faire blanchir les cardons , enles couchant dans des fossettes creusées devantchaque pied , n’est pas si commode que celleplus généralement pratiquée aujourd’hui, deles empailler sur place , et de rapprocher laterre en butte autour du pied empaillé. Cemoyen fournit des cardons jusqu’à l’approchedes grandes gelées , époque à laquelle il de-vient nécessaire d’enlever du jardin tous ceuxqui restent, et de les abriter dans une cave ,serre , ou cellier, où on les prend à mesure dubesoin.
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