Band 
Tome II.
Seite
453
JPEG-Download
 

DU THEATRE DAGRICULTURE.

453

dent à être plus espacées. Il faut aux premières ,une terre à seigle, et aux secondes , une terreà froment : la grosse blanche, veinée de rouge ,réussit dans tous les fonds. En appliquant avecdiscernement ces variétés aux terreins du can-ton quon habite , il ny a pas un coin en Eu­ rope , la pomme de terre ne puisse prospérer.

De tous les moyens qui ont été piopusé» jjuurmaintenir les pommes de terre dans leur qualité,en augmenter les variétés , et empêcher quellesne sabâtardissent, il ny en a point de plus effi-cace que les semis. Il faut de temps en temps lesrenouveler par cette voie , en cueillant, la veillede la récolte des racines, les fruits de lespècequon a dessein de propager, en les conservantpendant lhiver dans du sable, ou suspendus àdes cordes , en les mêlant au printemps avec dela terre, et les répandant sur des couches ou surun bon terreau. Une fois la plante levée de se-mences , on la sarcle quelquefois, on la butte eton la récolte comme celle qui vient de boutures :replantée dès la seconde année , elle donne déjàdassez grosses pommes de terre pour offrir uneressource ; mais la production nest véritable-ment complète que la troisième année. Cettevoie de la Nature , si facile , procure une nou-velle génération pendant une longue successiondannées , conserve sa fécondité et tous ses ca-ractères ; elle a souvent été tentée, mais tou-jours sans but : jamais 011 na songé à en suivreles effets , ni à en développer les avantages ,dans la conviction lon étoit que les pommesde terre régénérées ainsi, étoient douteuses , dedifficile et trop longue venue pour atteindre leproduit ordinaire. Cet objet ma paru assez im-portant pour en faire le sujet dun mémoire in-séré dans ceux publiés par la Société royaledagriculture , pour lannée 1786 , trimestredhiver. Lutilité dont il a déjà été à lEurope ,ne me permet pas doublier de lindiquer ici.

La patate est également susceptible doffrirbeaucoup despèces ou variétés, dont le nombrene fera quaugmenter à mesure que la planteéprouvera de lextension dans sa culture. U y ades patates blanches et rouges , des patates hâ-tives et tardives ; cest laliment ordinaire desnègres dans nos îles, pendant plusieurs mois delannée. On a essayé den faire du pain ; mais ,

ainsi que la pomme de terre, elle réunit tant debonnes qualités en substance , quil nest pasnécessaire de la décomposer à grands frais pourla soumettre aux opérations du boulanger , etlui concilier les propriétés dune nourrituresaine, commode et agréable. Cette plante, déjànaturalisée par les Espagnols sur leurs côtes ma-ritimes , na plus quun pas à faire pour lêtreparmi nous. On connoît, à cet égard , les tenta-tives des botanistes. Jai cherché à les seconderen tirant directement de Malaga , des patates ,en les confiantà MM. BroussonetetPuymaurin,pour les planter au Jardin Botanique de Mont-pellier , et à celui de lAcadémie de Toulouse ;déjà elles commencoient à laisser entrevoir lesplus heureuses espérances, lorsque le froid de1788 , qui , dans ces cantons , a été de neuf de-grés , est venu les anéantir. M. Puymaurin nesest pas découragé, il a fait venir des patatesdEspagne , et en a couvert jusquà douze ares(environ un quart darpent) ; il en a distribué àdifférens particuliers , et même à des créoles ,qui les ayant trouvées comparables à celles denos îles , ont demandé à les cultiver.

M. Ferrière, jardinier en chef du Jardin desPlantes à Toulouse , a une méthode pour culti-ver la patate , dont le mérite reconnu ne permetpas de la taire ici. Vers le commencement deVentôse (fin de Février), il établit une couche dedouze à quinze degrés de chaleur ; il a des potsdu diamètre de vingt-quatre à vingt-huit centi-mètres (huit à dix pouces), quil remplit de terrecomposée de deux tiers terre franche , et duntiers terreau de fumier de cheval, bien con-sommé , mêlés et passés au crible : ces pots sontensuite enfoncés dans la couche ; il plante, danschacun , trois ou cinq tubercules de patates , re-couverts de quatre à six centimètres (un pouceet demi à deux pouces) de terre: il établit au-dessus des châssis , dont les vitraux sont distansde la surface des pots , denviron vingt-huit àtrente-trois centimètres (dix à douze pouces).Cinq à six jours après , les patates ayant com-mencé à pousser , il leur donne un léger arro-sement ; il le réitère ensuite aussi souvent quiljuge quelles en ont besoin. Vers le 1 5 Germinal(commencement dAvril), les patates ont acquisseize à vingt-quatre centimètres ( six à huit